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Ukraine : Trump redouble ses attaques contre Zelensky, satisfecit de Poutine
Donald Trump a lancé mercredi une seconde salve d'attaques contre son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui l'accuse de son côté de vivre dans "un espace de désinformation" russe, des invectives qui laissent craindre une rupture américano-ukrainienne.
Vladimir Poutine s'est quant à lui félicité mercredi du caractère "positif" des discussions russo-américaine de la veille en Arabie Saoudite, les premières au niveau des chefs des diplomaties des Etats-Unis et de la Russie depuis l'invasion de 2022.
De Floride, le président américain a réitéré mercredi ses violentes critiques de la veille, accusant M. Zelensky d'être un "dictateur sans élections", reprenant à son compte le discours du Kremlin, l'Ukraine n'ayant pas organisé de scrutin présidentiel en 2024 à cause de la guerre.
Plus tôt, Volodymyr Zelensky avait estimé devant la presse que Donald Trump vivait "dans un espace de désinformation" russe, car celui-ci reprend la rhétorique du Kremlin.
Il aussi a accusé l'administration américaine d'aider Vladimir Poutine à "sortir d'années d'isolement", le président russe ayant été traité en paria par les Occidentaux depuis février 2022.
La veille, il avait été la cible d'attaques inédites du président américain, qui a contesté sa légitimité, sa volonté de trouver une issue au conflit et semblé le tenir pour responsable de l'invasion de son pays.
- "Le Kremlin lui écrit tout" -
Vladimir Poutine a pour sa part assuré mercredi que Donald Trump recevait, depuis son retour au pouvoir, des "informations objectives".
Dans ses déclarations, qui ont choqué en Ukraine, le président américain a accusé son homologue ukrainien d'être impopulaire, critiqué l'absence d'élections et assuré qu'une partie de l'aide américaine avait été détournée.
Volodymyr Zelensky jouit pourtant de la confiance de 57% des Ukrainiens, selon un sondage réalisé début février par l'Institut international de sociologie de Kiev et publié mercredi, et non de 4% comme l'avait dit M. Trump.
Si le mandat du président ukrainien aurait dû expirer en mai 2024, l'Ukraine n'a pas organisé d'élections du fait de la guerre et de la loi martiale, des millions d'Ukrainiens ayant fui à l'étranger et 20% du territoire étant sous occupation russe.
Et si M. Trump a assuré que Washington avait "donné 350 milliards" à l'Ukraine et accusé M. Zelensky de ne pas savoir "où était la moitié de l'argent", l'Institut économique IfW Kiel chiffre l'aide américaine à 114,2 milliards de dollars depuis 2022.
"J'ai l'impression que Trump a peur de Poutine", réagissait mercredi à Kiev Ivan Banias, un militaire de 51 ans interrogé par l'AFP.
Habitant aussi dans la capitale ukrainienne, Svitlana Oleksandrivna, 65 ans, se disait "surprise" des déclarations de Donald Trump : "Il est si fort, le président d'un pays si riche et si fort et ses récits sont complètement moscovites, comme si le Kremlin lui écrivait tout".
La tâche d'expliciter la position de Washington revient désormais à l'envoyé spécial américain Keith Kellogg, arrivé mercredi matin à Kiev. Adoptant un ton conciliant, il a déclaré comprendre le besoin de "garanties de sécurité" de l'Ukraine.
Le président ukrainien avait expliqué le week-end dernier vouloir emmener Keith Kellogg sur le front pour qu'il "en parle au président Trump".
Le chef de l'Etat russe s'est quant à lui félicité de la reprise du dialogue russo-américain.
Les chefs des diplomaties russe et américaine, Sergueï Lavrov et Marco Rubio, s'étaient rencontrés mardi en Arabie Saoudite, une première à ce niveau depuis le début de l'invasion de février 2022 et dénoncée comme des pourparlers "sur l'Ukraine sans l'Ukraine" par M. Zelensky.
S'exprimant à la télévision russe, M. Poutine a dit "évaluer positivement" ces discussions, se félicitant d'un "premier pas".
"Sans renforcer le niveau de confiance entre la Russie et les Etats-Unis, il est impossible de résoudre de nombreux problèmes, y compris la crise ukrainienne", a-t-il prôné.
MM. Rubio et Lavrov ont notamment convenus de négocier sur l'Ukraine, sans convier Kiev ni les Européens, qui craignent désormais un accord dans leur dos et contre leurs intérêts.
- Plaisir de rencontrer Donald -
M. Poutine a jugé que l'équipe envoyée par Donald Trump était "ouverte au processus de négociation" et accusé les Ukrainiens et les Européens d'être opposés à des pourparlers.
"Je rencontrerais avec plaisir Donald (Trump, NDLR) (...). Et je pense que lui aussi", a-t-il ajouté, précisant toutefois ne pas pouvoir dire d'ici combien de temps une telle rencontre pourrait être organisée.
Sur le terrain, Vladimir Poutine a en outre affirmé mercredi que des "combattants de la 810e brigade" russe avaient traversé pendant la nuit la frontière entre la Russie et l'Ukraine. Des propos qualifiés de "mensonge" par l'Ukraine.
Selon l'agence de presse d'Etat russe Tass, ces troupes venaient de la région russe de Koursk où des combats se déroulent depuis l'été, les forces de Kiev y occupant quelques centaines de kilomètres carrés.
Selon l'état-major de l'armée ukrainienne, une unité russe a bien lancé une attaque à l'aube en direction de la frontière ukrainienne à partir de la région de Koursk mais elle a été repoussée : "La tentative a été un échec. Il n'y a aucune raison de paniquer", a-t-il écrit sur Facebook
H.Seidel--BTB