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Gaza: le Hamas a reçu une proposition de trêve, l'ONU alarmée par la situation humanitaire
Le Hamas a dit lundi examiner une proposition israélienne de trêve dans la bande de Gaza qui, a averti l'ONU, traverse "probablement la pire" situation humanitaire depuis le début de la guerre.
Un peu plus tôt, un responsable du Hamas a indiqué à l'AFP que la proposition israélienne sur un cessez-le-feu temporaire, transmise par les médiateurs égyptiens, évoque aussi une "fin permanente à la guerre" qu'Israël conditionne au désarmement du mouvement islamiste palestinien, "une ligne rouge (...) non négociable" pour celui-ci.
Selon ce responsable, la proposition israélienne prévoirait "la libération de la moitié des otages" la première semaine après l'accord en échange d'un cessez-le-feu d'"au moins 45 jours" et l'entrée d'aide dans le territoire palestinien.
Pour mettre définitivement fin à la guerre qui dure depuis 18 mois, Israël exige, selon le même responsable, le désarmement du Hamas et de tous les groupes armés palestiniens à Gaza.
"La position du Hamas et des factions de la résistance est que les armes de la résistance constituent une ligne rouge (...) non négociable", a-t-il souligné à l'AFP.
Dans un communiqué, le mouvement palestinien a indiqué que sa direction étudiait la proposition remise par les médiateurs et qu'elle "présentera sa réponse dès que les consultations nécessaires seront terminées".
Une délégation du Hamas s'était rendue ce week-end au Caire pour des discussions avec des représentants de l'Egypte et du Qatar qui, avec les Etats-Unis, font office de médiateurs dans le conflit.
- Pénurie -
Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars ses opérations militaires dans la bande de Gaza avec l'objectif déclaré d'y éradiquer le Hamas.
"La situation humanitaire est maintenant probablement la pire depuis le début des hostilités il y a 18 mois", a prévenu le Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) dans un communiqué.
Le petit territoire où s'entassent 2,4 millions d'habitants souffre d'une pénurie de nourriture, d'eau, de carburants et d'autres produits de première nécessité, selon l'Ocha.
"Nous manquons de médicaments, de fournitures médicales, de tout dans les hôpitaux", témoigne à l'hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le docteur Ahmed al-Farah.
Lors d'un échange téléphonique, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et Emmanuel Macron ont insisté sur "la nécessité urgente d'un cessez-le-feu" à Gaza et de "l'accélération de la livraison de l'aide humanitaire", selon l'agence de presse officielle palestinienne Wafa.
La guerre à Gaza a été déclenchée par l'attaque sans précédent perpétrée le 7 octobre 2023 par le Hamas dans le sud d'Israël.
Elle a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. Sur 251 personnes alors enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 mortes, selon l'armée.
Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé lundi qu'au moins 1.613 Palestiniens avaient été tués depuis le 18 mars, portant à 50.983 le nombre de morts à Gaza depuis le début, il y a 18 mois, de la riposte israélienne.
Une trêve, entre le 19 janvier et le 17 mars, a permis le retour en Israël de 33 otages, incluant huit morts, en échange de la sortie d'environ 1.800 Palestiniens des prisons israéliennes.
- "Grave erreur" -
Dans un message sur X, le président français Emmanuel Macron a estimé qu'il fallait "réformer" l'Autorité palestinienne pour lui donner un rôle, après la guerre, dans la gouvernance à Gaza d'où, a-t-il dit, il faut "écarter" le Hamas.
Lors d'une visite à l'Institut du monde arabe à Paris, il est ensuite revenu sur son plan pour la conférence des Nations unies que la France coprésidera avec l'Arabie saoudite en juin à New York.
"Ce que nous voulons déclencher c'est une série d'autres reconnaissances (d'un Etat palestinien, ndlr) mais aussi la reconnaissance d'Israël par des Etats qui aujourd'hui ne le font pas", a-t-il dit.
La veille, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait jugé que M. Macron faisait une "grave erreur" en promouvant l'idée d'un Etat palestinien, dont la "seule aspiration est la destruction d'Israël".
Dans les rues de Tel-Aviv, les avis sont partagés.
"C'est pas du tout le moment" de reconnaître un Etat palestinien, réagit Nurit Sperling, une enseignante de 50 ans. "Un Etat palestinien, c'est très, très dangereux pour nous", dit-elle à l'AFP.
"Je soutiens la création d'un Etat palestinien, et je regrette que cela ne se soit pas encore le cas", affirme à l'inverse Naama Yadlin, une avocate de 65 ans.
I.Meyer--BTB