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Ukraine: Zelensky attend que Moscou s'engage à une trêve, se dit "prêt" à des pourparlers
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réclamé dimanche à la Russie qu'elle s'engage à respecter dès lundi un cessez-le-feu de 30 jours, tout en se disant "prêt" à des pourparlers directs avec Moscou après une proposition de Vladimir Poutine, sans mention de cette trêve, pour des discussions à Istanbul à partir de jeudi.
Parallèlement, Kiev a dénoncé dimanche des attaques de drones contre l'Ukraine dans la nuit, peu après l'expiration à minuit d'une trêve de trois jours décrétée par Moscou pour les commémorations des 80 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie. Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a tiré 108 drones, dont 60 ont été abattus.
"Il est inutile de poursuivre la tuerie, ne serait-ce qu'une seule journée. Nous attendons de la Russie qu'elle confirme un cessez-le-feu, complet, durable et fiable, à partir de demain 12 mai, et l'Ukraine est prête à la rencontrer", a déclaré M. Zelensky sur les réseaux sociaux.
Le président ukrainien a également déclaré qu'il voyait un "signe positif", termes rarement utilisés à l'égard de Moscou, dans le fait que la Russie commençait à envisager de mettre fin à la guerre.
Le chef de cabinet de M. Zelensky, Andriï Iermak, a clarifié la position ukrainienne en insistant sur le fait que Kiev doit "d'abord" obtenir un cessez-le-feu de la Russie, "puis tout le reste", soit des négociations.
L'Ukraine et ses alliés européens, de concert avec les Etats-Unis, ont adressé samedi un ultimatum à Moscou pour accepter un cessez-le-feu "complet et inconditionnel" de 30 jours à partir de lundi, faute de quoi la Russie s'exposerait à de nouvelles "sanctions massives".
- "Négociations sans conditions" -
Sans évoquer directement cette proposition, le président russe a reproché aux Européens de traiter la Russie "de manière grossière et à l'aide d'ultimatums" et estimé que toute possible trêve devrait s'inscrire dans des discussions "directes" avec Kiev.
"La Russie est prête à des négociations sans aucune condition préalable (....). Nous proposons de commencer dès jeudi prochain, le 15 mai, à Istanbul", a déclaré M. Poutine tard dans la nuit au Kremlin. Il a précisé qu'il s'entretiendrait dans les heures qui viennent avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Vladimir Poutine n'a "pas exclu" que l'idée d'un cessez-le-feu soit discutée lors de pourparlers avec Kiev mais il a souligné que ces discussions devraient porter sur "les causes profondes du conflit" - qu'il a qualifié de "guerre" bien que ce terme soit rejeté par les autorités russes - "dans une perspective historique".
L'Ukraine avait déjà proposé à plusieurs reprises ces dernières semaines des trêves de 30 jours à la Russie, qui avaient été rejetées par Moscou qui estime que cette pause dans les combats permettrait à l'armée de Kiev de se regrouper et de se réarmer grâce aux livraisons d'armes occidentales.
La Russie, qui occupe environ 20% de l'Ukraine, justifie son invasion notamment par la volonté de ce pays d'intégrer l'Otan, une alliance militaire que la Russie considère comme une menace existentielle qui s'étend jusqu'à ses frontières.
Moscou et Kiev avaient déjà mené des négociations directes à Istanbul en 2022, dans les premiers mois du conflit, mais celles-ci n'avaient pas abouti. Selon M. Poutine, l'échec de ces pourparlers était dû à l'ingérence de l'ex-Premier ministre britannique Boris Johnson.
- "Gagner du temps" -
L'idée d'un cessez-le-feu en Ukraine est portée depuis des mois par le président américain Donald Trump, qui ambitionne de mettre fin rapidement à la guerre alors que Washington a été depuis 2022 le principal soutien militaire et financier de Kiev.
Le Kremlin s'était contenté jusqu'à présent de décréter unilatéralement deux courtes trêves, en avril et en mai, qui ont mené à une baisse des frappes sans être totalement respectées par les deux camps.
"Potentiellement un grand jour pour la Russie et l'Ukraine !" a écrit Donald Trump dimanche matin sur son compte Truth Social, sans expliciter s'il faisait référence à la proposition de Vladimir Poutine.
"Pensez aux centaines de milliers de vies qui seront sauvées avec la fin, espérons-le, de ce +bain de sang+ sans fin. (...) Je continuerai à travailler avec les deux parties pour m'assurer que cela se produise", a-t-il ajouté.
Emmanuel Macron a qualifié la proposition russe de "premier mouvement (...) pas suffisant", relevant chez Vladimir Poutine "la volonté de gagner du temps". Le président français revient d'un déplacement en Ukraine, où il était accompagné samedi des dirigeants allemand Friedrich Merz, britannique Keir Starmer et polonais Donald Tusk.
Lors de cette visite, selon le président français, une vingtaine de pays membres d'une "coalition des volontaires" ont "décidé de soutenir un cessez-le-feu" de 30 jours, "avec une surveillance assurée principalement par les Etats-Unis d'Amérique" et à laquelle "tous les Européens contribueront".
Si la Russie refuse ce cessez-le-feu ou l'accepte mais le viole, il a été convenu que "des sanctions massives seraient préparées et coordonnées entre Européens et Américains", a-t-il précisé.
J.Bergmann--BTB