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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Macron commémore l'attaque sanglante du péage d'Incarville, un an après
Un an après la sanglante attaque du fourgon transportant Mohamed Amra au péage d'Incarville (Eure), Emmanuel Macron effectue mercredi plusieurs déplacements sur le thème de la lutte contre la criminalité organisée et commémore cet événement qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires.
Cette attaque ultra-violente, commise le 14 mai 2024 par un commando lourdement armé qui avait aussi blessé trois autres agents, a profondément choqué les communautés pénitentiaire et judiciaire et marqué un tournant dans la lutte contre les narcotrafiquants, érigée comme priorité.
Fin avril, la loi narcotrafic, portée par deux sénateurs de bords politiques opposés - Etienne Blanc (Les Républicains) et Jérôme Durain (Parti socialiste) - a été définitivement approuvée, un succès rare pour le gouvernement.
La mesure phare du texte est la création en 2026 d'un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), compétent sur les dossiers les plus graves et complexes sur le modèle du parquet national antiterroriste (Pnat).
Un "état-major interministériel de lutte contre la criminalité organisée" (EMCO), sur lequel pourra s'adosser ce nouveau parquet, est par ailleurs créé, composé de 15 personnes issues de 12 services différents, judiciaires et de renseignement, selon l'Elysée.
Emmanuel Macron entame mercredi ses déplacements par l'inauguration, en présence des ministres de l'Intérieur Bruno Retailleau et de la Justice Gérald Darmanin, de ce nouvel état-major, installé dans les locaux de la Direction nationale de la Police judiciaire (DNPJ) à Nanterre.
- Moment de recueillement -
Il se rendra ensuite au centre pénitentiaire de Caen pour un moment de recueillement avec les familles des deux surveillants tués à partir de 13H00. Une gerbe sera déposée en hommage aux victimes, puis le président échangera avec les membres du pôle régional des extractions judiciaires (PREJ) de Caen, pour discuter notamment avec eux du renforcement de ces transfèrements judiciaires.
Une plaque commémorative sera par ailleurs dévoilée au péage d'Incarville. Les familles des agents tués avaient fait savoir qu'elles ne souhaitaient pas que la cérémonie ait lieu là-bas et ne voulaient pas s'y rendre, a indiqué lundi Gérald Darmanin.
Dans une dernière séquence, le chef de l'Etat se déplacera à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais, choisie par le garde des Sceaux pour accueillir les 100 narcotrafiquants les plus dangereux.
L'établissement a été vidé il y a quelques semaines de la quasi-totalité de ses occupants et est actuellement en travaux pour renforcer encore plus sa sécurité. Il devrait entrer en service au 31 juillet prochain.
Une autre prison de haute sécurité, celle de Condé-sur-Sarthe (Orne), suivra d'ici mi-octobre pour accueillir également 100 autres figures du narcobanditisme. M. Darmanin a indiqué vouloir créer par la suite d'autres quartiers de haute sécurité dans d'autres établissements.
L'objectif est de placer ces détenus totalement à l'isolement, selon un régime de détention très strict inspiré de la lutte anti-mafia en Italie, qui comprend des mesures telles que des fouilles intégrales après tout contact avec l'extérieur, des parloirs équipés d'hygiaphone, un accès limité au téléphone ou encore des auditions par visioconférence, pour éviter au maximum les extractions judiciaires, moment particulièrement sensible pour l'administration pénitentiaire.
Des dispositions dénoncées par certains observateurs et des avocats comme attentatoires aux droits fondamentaux.
Avec ces mesures, "la République désormais met tous ses moyens" pour qu'une évasion comme celle de Mohamed Amra "n'arrive plus", a déclaré mardi M. Darmanin sur France 2.
Le narcotrafiquant multirécidiviste a été interpellé à Bucarest le 22 février après neuf mois de cavale et remis à la France les jours suivants. A ce jour, les investigations menées par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), ont permis de mettre en examen 38 personnes, dont Amra, et d'en écrouer une trentaine.
P.Anderson--BTB