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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Bétharram: Bayrou rejette avec virulence les accusations
François Bayrou a rejeté avec virulence mercredi à l'Assemblée nationale les accusations de mensonge ou d'intervention auprès de la justice dans l'affaire des violences physiques et sexuelles du collège-lycée Notre-Dame de Bétharram, face à son principal contradicteur de la France insoumise Paul Vannier qui l'a accusé "d'éluder" ses responsabilités.
"Il s'agissait de me coincer pour m'obliger à démissionner", a attaqué le Premier ministre devant la commission d'enquête qui l'a entendu pendant 5h30, en dédiant son audition aux "victimes", auxquelles il a promis la participation à une "autorité indépendante" consacrée aux violences contre les enfants.
"Vous ne m'avez interrogé que sur moi, sur ma responsabilité (...) Toute l'audition a tourné autour de ça", a regretté le Premier ministre. Or "j'aurais préféré qu'on parle des victimes".
"Je n'ai pas couvert des pratiques quelles qu'elles soient. Je n'ai pas eu d'informations privilégiées. Je ne suis pas resté sans rien faire quand j'ai découvert les affaires et je ne suis jamais intervenu dans une affaire", a affirmé le Premier ministre, pourtant contredit par un ancien juge, un ex-gendarme et une professeure à la retraite, et même à certains égards par sa fille aînée Hélène.
"Mais pour le reste, on a tous une part de responsabilité", a-t-il admis, alors que les révélations sur Bétharram ont libéré la parole dans d'autres institutions catholiques.
Le représentant des victimes de Bétharram Alain Esquerre a dénoncé depuis Bordères, près de Pau, une "responsabilité collective" dans le scandale: François Bayrou "fait partie des responsables" mais il n'est pas "la cause unique".
Le chef du gouvernement s'est cependant attiré les critiques de plusieurs députés. La socialiste de son département Colette Capdevielle l'a accusé de "renverser la situation" en se plaçant en "victime" de ses contradicteurs.
- Duel -
Usant parfois d'un ton de défi, François Bayrou avait dénoncé d'emblée "l'instrumentalisation" politique de l'affaire pour "abattre" le gouvernement après avoir juré à son arrivée à 17H00 de dire la vérité sur une affaire qui empoisonne son action à Matignon.
Le chef du gouvernement avait posé près de lui le livre enquête "La Meute", paru la semaine dernière, portant sur le fonctionnement très décrié de La France insoumise, dont le corapporteur de la commission Paul Vannier est un des députés les plus en vue.
Dans une forme de duel souvent tendu avec l'élu insoumis, parfois à fronts renversés, il l'a accusé d'avoir "menti", dénonçant sa "malhonnêteté". Paul Vannier l'a appelé à "un peu plus de respect et de dignité".
Le scandale touche intimement François Bayrou, ancien ministre et ancien député, qui a scolarisé plusieurs de ses enfants dans cet établissement catholique réputé, situé près de Pau, la ville dont il est resté maire, et où son épouse a enseigné le catéchisme.
Se sont ajoutées les révélations de sa fille Hélène sur une agression physique par un prêtre dans un camp d'été. Des proches de ce religieux assurent dans Libération mercredi que ce dernier avait informé M. Bayrou d'une "gifle" donnée à sa fille.
Le parquet de Pau mène l'enquête depuis un an sur environ 200 plaintes visant des faits présumés de violences et de viols dans l'établissement entre les années 1970 et 1990.
"Je n'ai pas eu le sentiment que la commission était totalement objective", a-t-il encore attaqué, après avoir semé la confusion en demandant la diffusion non autorisée de vidéos.
- Bayrou "fait une erreur" -
Le Premier ministre s'est lancé ensuite dans un long récit détaillé de l'audition d'une ancienne professeur de mathématiques de Bétharram, Françoise Gullung, qui dit l'avoir alerté à plusieurs reprises, en la qualifiant "d'affabulation". François Bayrou "fait erreur", lui a répondu Mme Gullung, dans un message à l'AFP, tandis que des députés l'accusaient de "calomnier" l'enseignante.
Il s'est aussi attardé sur les détails du rapport d'inspection qu'il avait commandé en 1996 après une plainte et qui s'était montré favorable à l'établissement.
Paul Vannier a aussi voulu confronter François Bayrou au célèbre épisode de la gifle qu'il avait donnée à un jeune garçon qui avait essayé de lui faire les poches, lors d'un déplacement en 2002. L'élu insoumis a semblé s'interroger sur une culture d'acceptation de la violence, alors que le Premier ministre a parlé d'une "tape de père de famille" qui n'est pas "du tout une claque violente".
En soutien de M. Bayrou, la députée MoDem Perrine Goulet a dénoncé une audition "lunaire relevant du procès politique".
Après avoir entendu témoins, victimes et anciens ministres, M. Vannier et la macroniste Violette Spillebout rendront leurs conclusions fin juin.
Interrogé pour la première fois en février par le député Vannier après des révélations de Mediapart -"Je ne lis pas Mediapart, c'est une hygiène personnelle", a dit mercredi M. Bayrou-, le Premier ministre avait assuré n'avoir "jamais été informé de quoi que ce soit".
Parmi les interrogations détaillées, François Bayrou a dû s'expliquer sur sa relation avec un ancien juge d'instruction, Christian Mirande, qui était aussi son voisin. Le magistrat était chargé du dossier de viol impliquant un religieux de l'établissement, le père Carricart, et il avait reçu en 1998 la visite de François Bayrou pour évoquer cette affaire.
Des faits qui remontent à près de 30 ans pour une audition que François Bayrou a qualifié de "moment libérateur" en quittant l'Assemblée nationale.
D.Schneider--BTB