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Calme précaire à Los Angeles après une première nuit de couvre-feu
Les Etats-Unis restent sur le qui-vive mercredi au sixième jour de manifestations à Los Angeles contre la politique migratoire de Donald Trump, qui s'étendent dans le reste du pays et tournent au bras de fer entre l'opposition démocrate et le président républicain.
A Los Angeles, épicentre de ces manifestations depuis vendredi dernier, la nuit de mardi à mercredi est restée plutôt calme après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dans le centre-ville, même si la police a procédé à plusieurs interpellations de personnes ayant bravé l'interdiction de sortir.
Vingt-cinq personnes ont été arrêtées, selon le Los Angeles Times, qui affirme que la ville a connu "sa nuit la plus calme depuis une semaine".
Depuis vendredi dernier, la deuxième plus grande ville américaine est le théâtre de heurts sporadiques, parfois violents, opposant des protestataires qui dénoncent les raids de la police fédérale de l'immigration (ICE) contre les clandestins aux forces de l'ordre en tenue anti-émeute.
Quelque 700 Marines, un corps d'élite, devraient s'y déployer mercredi, rejoignant 4.000 militaires réservistes de la Garde nationale déjà mobilisés par le président américain, au grand dam des autorités locales qui crient à un "abus de pouvoir".
De nombreux policiers, à pied, en voiture ou à cheval, quadrillent la ville survolée par des hélicoptères, a constaté l'AFP, tandis que des ouvriers posent des panneaux de bois pour protéger des vitrines.
Des commerces y ont été pillés ou endommagés.
Mardi, la maire démocrate Karen Bass, qui s'efforce à minimiser l'étendue des manifestations dans sa ville, s'est tout de même résolue à instaurer "un couvre-feu dans le centre de Los Angeles pour mettre fin aux actes de vandalisme et de pillage" de 20H00 locales (03H00 GMT) à 06H00 du matin.
Elle a dit s'attendre à ce que le couvre-feu reste en vigueur plusieurs jours.
Dans le même temps, les manifestations s'étendent là encore de façon sporadique, d'Atlanta à New York.
A Manhattan mardi soir, quelques milliers de personnes ont manifesté "pour défendre ceux qui ne peuvent pas faire entendre leur voix", selon une jeune femme née aux Etats-Unis d'une mère mexicaine clandestine et qui a requis l'anonymat.
- Garde nationale au Texas -
Dans la banlieue d'Atlanta, en Géorgie (sud), plusieurs dizaines de manifestants s'étaient rassemblés également mardi en brandissant des pancartes dénonçant la police fédérale de l'immigration.
"La contribution des Latinos à ce pays est tellement significative que nous ne devrions pas être traités de cette manière", a confié Victoria Hernandez, 48 ans, qui travaille dans le milieu associatif.
Au Texas, grand Etat du Sud, frontalier du Mexique et où vit une importante communauté d'origine hispanique, le gouverneur républicain, Greg Abbott, a annoncé mardi soir qu'il ordonnait le déploiement de la Garde nationale.
Les manifestations à Los Angeles et le déploiement controversé de militaires se sont transformés en un enjeu de rivalité politique intense entre l'administration Trump et les dirigeants démocrates, dont le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, en première ligne.
Devenu la figure de proue de l'opposition démocrate et considéré comme un candidat potentiel à la Maison Blanche pour 2028, M. Newsom tire à boulet rouge sur Donald Trump et veut contester dans les prétoires sa décision de déployer l'armée dans son Etat, bastion démocrate.
Dans une allocution télévisée mardi soir, il a dénoncé un "abus de pouvoir éhonté" et prévenu que le président américain ne se limiterait pas à son Etat.
"La Californie est peut-être la première, mais il est clair que cela ne s'arrêtera pas là", a averti Gavin Newsom.
Donald Trump, a-t-il ajouté, est un "président qui ne veut être limité par aucune loi ou constitution, perpétuant un assaut contre la tradition américaine".
Le président républicain a dénoncé l'"anarchie" qui règne, selon lui, à Los Angeles, et promis de "libérer" la ville des "ennemis étrangers", accusés d'attiser les violences.
Il a menacé de recourir à une loi d'exception, l'Insurrection Act, régime d'état d'urgence rarement utilisé qui confère au président le pouvoir d'utiliser les forces armées dans des missions de maintien de l'ordre sur le territoire américain.
C.Kovalenko--BTB