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Moyen-Orient: la hausse des prix de l'énergie alerte les marchés mondiaux
La guerre au Moyen-Orient fait encore flamber les prix de l'énergie et alimente les craintes de poussées inflationnistes, provoquant un net repli des Bourses mondiales jeudi.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, "ce sont les prix de l'énergie qui sont la seule boussole des marchés financiers et des actions", commente Nathalie Benatia, économiste chez BNP Paribas Asset Management, interrogée par l'AFP.
Vers 16H45 GMT, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne en matière de gaz naturel, grimpait de 13,42% à 62,00 euros le mégawattheure.
Ces dernières 24 heures, les grands sites pétroliers et gaziers du Moyen-Orient autour du Golfe ont en effet été pris pour cible. Au Koweït jeudi matin, deux raffineries ont aussi été incendiées après une attaque de drones.
"L'escalade géopolitique a franchi un nouveau cap", note l'analyste John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank, qui parle d'"un basculement vers une guerre énergétique totale".
Côté or noir, le cours du baril de pétrole américain WTI a brièvement grimpé de plus de 5% jeudi, au-dessus de 100 dollars, les craintes sur l'approvisionnement en pétrole se propageant aux Etats-Unis, avant de ralentir sa course.
Le WTI prenait encore 3,13% à 99,33 dollars le baril, et le baril de Brent, la référence mondiale, gagnait 3,38% à 111,01 dollars vers 16H45 GMT.
Le ministre des Finances américain, Scott Bessent, a déclaré jeudi que les Etats-Unis pourraient lever certaines sanctions sur le pétrole iranien, une nouvelle initiative visant à faire face à la flambée des prix de l'énergie.
La hausse des prix du brut s'est légèrement calmée après les déclarations de M. Bessent, qui a aussi "évoqué la possibilité de nouvelles libérations de réserves stratégiques", souligne Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Les marchés continuent "de s'interroger sur les conséquences du blocage du détroit d'Ormuz", passage stratégique pour l'approvisionnement en hydrocarbures, devenu central dans la guerre au Moyen-Orient, note Nathalie Benatia, de BNP Paribas.
L'Organisation maritime internationale (OMI) a demandé jeudi la création d'"un corridor maritime sûr" pour évacuer les navires bloqués dans le Golfe, condamnant la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran, dans une déclaration adoptée par ses Etats membres.
Juste avant cet appel, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon s'étaient dit prêts dans un communiqué conjoint "à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la traversée du détroit".
Par ailleurs, les prix des métaux précieux et industriels ont dévissé jeudi, la guerre au Moyen-Orient risquant de doper l'inflation et de freiner la croissance mondiale, et donc la demande pour les métaux.
- Les Bourses flanchent -
"L'escalade des tensions au Moyen-Orient a pesé sur l'appétit pour le risque" des investisseurs, souligne Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
"Les marchés des actions sont actuellement mus par la peur", renchérit Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.
En Europe, les principales places ont terminé en forte baisse. Paris a cédé 2,03%, Francfort a lâché 2,82% et Londres 2,35%, Milan a perdu 2,32%.
Wall Street perdait également du terrain. Le Dow Jones cédait 0,66%, le Nasdaq 0,68% et S&P 500 baissait de 0,57%.
- Les banques centrales mettent en garde sur l'inflation -
La Banque du Japon (BoJ), la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque centrale européenne (BCE) ont chacune à leur tour annoncé un statu quo sur leur taux directeur jeudi, dans le sillage de celui de la Réserve fédérale (Fed) mercredi.
"Les banques centrales, y compris la Fed qui a également mis l’accent sur les risques inflationnistes lors de sa réunion (...), ont toutes réévalué les risques liés aux prix de l'énergie", souligne Kathleen Brook, "provoquant une forte hausse des rendements et une volatilité sans précédent" sur le marché de la dette d'Etat.
Vers 16H45 GMT, sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts allemands, la référence en Europe, évoluait à 2,96%, contre 2,94% à la clôture mercredi. Son équivalent français évoluait à 3,64% contre 3,60% mercredi, et hors UE, le britannique s'établissait à 4,84% contre 4,74%.
J.Bergmann--BTB