Berliner Tageblatt - "Flottille pour Gaza": la justice israélienne prolonge la détention de deux militants

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"Flottille pour Gaza": la justice israélienne prolonge la détention de deux militants

"Flottille pour Gaza": la justice israélienne prolonge la détention de deux militants

Un tribunal israélien a ordonné dimanche la prolongation de deux jours de la détention de deux militants, un Espagnol et un Brésilien, de la "Flottille pour Gaza" arrêtés par Israël au large de la Grèce.

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"Le tribunal a prolongé leur détention de deux jours", a annoncé à l'AFP Miriam Azem, de l'ONG de défense des droits humains israélienne Adalah. Les autorités avaient réclamé une prolongation de quatre jours, a-t-elle précisé.

L'Espagnol Saif Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila ont été présentés dans la matinée au tribunal d'Ashkelon, une ville côtière où ils sont détenus. Les avocats de l'ONG avaient pu les voir samedi dans leur prison de Shikma.

D'après Mme Azem, ils ont décrit une arrestation d'une "extrême brutalité", et ont été informés qu'ils seraient interrogés par les renseignements intérieurs israéliens pour soupçons d'"affiliation à une organisation terroriste".

Thiago Avila a déclaré aux avocats avoir été "traîné face contre terre et battu si violemment qu'il a perdu connaissance à deux reprises".

Il a ajouté que, depuis son arrivée en Israël, il avait été "maintenu à l'isolement, avec les yeux bandés", selon Miriam Azem.

D'après le ministère israélien des Affaires étrangères, Saif Abu Keshek est "l'un des dirigeants" de la Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l'étranger (PCPA), association caritative accusée par les États-Unis et Israël d'être affiliée au mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza.

Quant à Thiago Avila, il "travaille avec PCPA et est soupçonné d'activités illégales", selon le ministère.

- Détention "complètement illégale" -

Le Brésil et l'Espagne ont dénoncé leur arrestation, et la diplomatie espagnole a réfuté les accusations israéliennes d'un lien entre son ressortissant et le Hamas.

Dimanche, le ministère espagnol des Affaires étrangères a de nouveau exigé la "libération immédiate" de son ressortissant, dans un message transmis à l'AFP, précisant que le consul d'Espagne à Tel-Aviv avait accompagné "l'Espagnol détenu illégalement" à l'audience.

Samedi, le ministre, José Manuel Albares, avait qualifié de "complètement illégale" et "inacceptable" son arrestation "en dehors de toute juridiction". Israël "n'a apporté aucun élément de preuve" pour appuyer ses accusations, et même si c'était le cas, "il existe des voies judiciaires en démocratie, en Etat de droit", pour les relayer, a-t-il ajouté.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, est l'une des voix européennes les plus critiques envers le gouvernement de Benjamin Netanyahu depuis qu'Israël a lancé son offensive dévastatrice dans la bande de Gaza, en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas palestinien du 7 octobre 2023.

Quelques 175 militants de nombreuses nationalités ont été arrêtés jeudi, sur une vingtaine de bateaux de cette nouvelle flottille visant, selon ses organisateurs, à briser le blocus israélien du territoire palestinien, où l'accès de l'aide humanitaire reste fortement restreint.

L'arrestation, "menée pacifiquement" selon Israël, a eu lieu à des centaines de kilomètres de Gaza, dans les eaux internationales au large de la Crète, bien plus loin des côtes israéliennes que les précédentes interceptions de flottilles. Plusieurs pays ont dénoncé une opération "illégale".

Israël a relâché tous les autres militants en Grèce après un accord avec ses autorités.

Il s'agit de la deuxième tentative de la Flottille mondiale Sumud ("résilience" en arabe) d'accéder à la bande de Gaza.

En 2025, à son premier voyage, plusieurs centaines de militants, dont la Suédoise Greta Thunberg et l'eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, avaient été arrêtés en mer, transférés en Israël puis expulsés.

B.Shevchenko--BTB