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Zack Polanski, l'"éco-populiste" qui galvanise les Verts britanniques
Il y a encore un an, personne ne connaissait son nom: Zack Polanski, le chef de file des Verts britanniques, "éco-populiste" autoproclamé, espère mener son parti vers une percée politique lors des élections locales de jeudi.
Cet ex-acteur et hypnothérapeute de 43 ans a pris la tête de la formation écologiste en septembre dernier avec un discours centré sur la justice sociale et une ambition: faire de ce parti minoritaire la première force de gauche du pays.
Depuis son élection avec le score stratosphérique de 84,6% des voix, il a réussi à faire venir chez les Verts 100.000 nouveaux membres, ce qui lui vaut d'être comparé au charismatique maire de New York, Zohran Mamdani.
Zack Polanski a "dynamisé le parti de manière spectaculaire", souligne auprès de l'AFP Tim Bale, professeur de sciences politiques à l’université Queen Mary de Londres.
Selon lui, les Verts étaient déjà bien placés pour profiter du désenchantement d’une partie des électeurs vis-à-vis du parti travailliste du Premier ministre Keir Starmer, "en particulier chez les jeunes et les électeurs musulmans vivant dans les centres urbains".
Mais, poursuit-il, "sous sa direction le parti a une chance sérieuse non seulement de remporter des sièges, mais peut-être aussi de prendre le contrôle de certains conseils municipaux" lors des élections de jeudi.
D’après des estimations de l’institut de sondage YouGov, ce parti - qui ne compte actuellement que cinq députés à la chambre des Communes - pourrait arriver en tête dans jusqu’à huit des 32 conseils municipaux londoniens.
- Casser les codes -
Zack Polanski, né David Paulden en 1982, a grandi près de Manchester (nord) dans une famille juive. Il a choisi à sa majorité de porter le nom de ses grands-parents, en hommage à ses origines juives, et opté pour le prénom Zack.
Il a fait une partie de sa scolarité dans le privé grâce à une bourse. Une expérience qui a laissé des traces: il a raconté à plusieurs reprises avoir été victime de harcèlement en raison de son homosexualité.
C'est dans le théâtre que Zack Polanski décide de s'investir : il devient acteur.
Il a également travaillé comme hypnothérapeute. De cette période, ses détracteurs retiennent une chose: la parution, en 2013, d'un article dans lequel une journaliste racontait qu'il lui avait promis une poitrine plus généreuse uniquement par la force de son esprit. Il s'est excusé à de nombreuses reprises.
La politique est venue sur le tard: d'abord chez les Libéraux-démocrates, en 2015, avant de rejoindre les Verts deux ans plus tard. Il siège à l'Assemblée de Londres depuis 2021.
Il a indiqué avoir décidé de se présenter à la tête de son parti après avoir constaté son recul face au parti anti-immigration Reform UK lors des précédentes élections locales de mai 2025.
Sa méthode est simple: il s'appuie sur son expérience d'acteur pour casser les codes de la politique, investit les réseaux sociaux et revendique le besoin de "raconter des histoires".
- Polémiques -
Il n'a d'ailleurs jamais caché s'être inspiré de la stratégie de communication de Nigel Farage, le chef de Reform, qu'il juge "audacieuse", tout en se situant à l'opposé de ses positions politiques.
Sur le fond, Zack Polanski assume une approche radicale et populiste pour séduire au-delà des cercles de la gauche traditionnelle, s’autoproclamant "éco-populiste".
Une approche qui semble fonctionner jusqu'ici. En février, les Verts ont remporté une élection législative partielle, prenant une circonscription aux travaillistes.
Mais elle s'accompagne aussi de polémiques.
Interrogé fin avril sur la série d'incendies et tentatives d'incendie qui ciblent depuis fin mars la communauté juive à Londres, il s'est dit "préoccupé par la hausse des actes antisémites", ajoutant qu'il fallait un "débat pour savoir s’il s’agit d’un sentiment d’insécurité ou d’une insécurité réelle".
Et dans la foulée de l'attaque antisémite de Golders Green, où deux hommes juifs ont été blessés mercredi, il a dû s'excuser auprès des forces de l'ordre après un tweet dénonçant l'interpellation musclée du suspect.
En outre, beaucoup lui reprochent une certaine ambiguïté, voire ses "lacunes", sur des sujets comme l'Otan ou l'économie.
S.Keller--BTB