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Tour de France: pour les Français, toujours le "Graal" des étapes
A défaut de pouvoir lutter pour le classement général, les coureurs français viseront avant tout une victoire d'étape au Tour de France cette année, avec le souvenir des débuts épatants de l'édition 2024, même si rien ne sera facile.
La traditionnelle conférence de presse des enfants tenue à trois jours du départ à Lille mercredi au Conseil régional des Hauts-de-France a parfaitement résumé l'état d'esprit des Bleus.
Lorsqu'un enfant a demandé aux quatre coureurs présents leur objectif, Lenny Martinez a répondu "gagner une étape", avant de tendre le micro à Benjamin Thomas, assis à ses côtés. "Pareil", a dit celui-ci. "Pareil", a embrayé Anthony Turgis. "Pareil", a conclu Julian Alaphilippe.
"C'est le Graal, on en rêve tous, pour quelques-uns d'entre nous on l'a déjà connu et on veut le revivre", a expliqué l'ancien double champion du monde, vainqueur de six étapes sur le Tour, la dernière en 2021, qui a particulièrement ciblé la deuxième étape dimanche avec une arrivée à Boulogne-sur-Mer.
Turgis, qui s'était imposé l'an dernier sur les chemins blancs à Troyes, veut "tenter (s)a chance dès la première étape de Lille parce qu'elle va décerner le premier maillot jaune et que c'est une occasion peut-être unique de pouvoir le porter". "C'est osé, mais il ne faut pas s'interdire de rêver", a-t-il insisté.
Le Francilien peut prendre pour référence le coup parfait réalisé l'an dernier par Romain Bardet qui, pour son ultime Grande Boucle, s'était imposé dès le premier jour à Rimini, en Italie, avant d'être remplacé le lendemain sur le podium du vainqueur par Kévin Vauquelin, lauréat à Bologne.
- Les puncheurs lèvent le doigt -
Ils sont nombreux cette année à rêver de les imiter parmi les 38 Français au départ, premier contingent devant les Belges (29). Parmi eux un paquet de puncheurs, souvent inspirés par le style pétillant de Julian Alaphilippe, qui ont tous coché des étapes de la première semaine comme celle de Boulogne-sur-Mer, de Vire ou du Mûr-de-Bretagne.
Romain Grégoire et Kevin Vauquelin, très en jambes ces dernières semaines, sont des candidats déclarés. Le premier aimerait offrir à son équipe Groupama-FDJ un premier succès depuis celui de Thibaut Pinot au sommet du Tourmalet en 2019.
Vauquelin veut quant à lui récidiver, et pourquoi pas sur ses terres normandes cette fois, puisqu'il passera devant chez lui, à Bayeux.
Axel Laurance, sélectionné par Ineos, Louis Barré, une des révélations du printemps avec notamment une sixième place à l'Amstel Gold Race, ou Bastien Tronchon ont aussi des ambitions.
L'ennui est que la concurrence s'annonce rude dans le registre des puncheurs avec des phénomènes comme Mathieu van der Poel, Wout Van Aert mais aussi Tadej Pogacar, qui aura du mal à résister à la tentation d'appuyer sur l'accélérateur dans les bosses.
- "Une forme de noblesse" -
C'est encore plus vrai pour les arrivées au sprint où Arnaud Démare, Bryan Coquard, Emilien Jeannière, Hugo Page et le jeune Paul Penhoët auront du mal à rivaliser avec les Philipsen, Merlier, Girmay et Milan.
Démare est le dernier Français à avoir remporté un sprint massif, en 2018 à Pau.
Lorsque la pente s'élèvera, on entrera dans le royaume de Lenny Martinez, le grimpeur de poche de Bahrain, qui vise particulièrement la 10e étape au Mont-Dore pour le 14-Juillet.
"Je sais que c'est impossible de gagner le Tour pour l'instant. Je préfère largement être libre et viser les étapes", insiste le Cannois de 21 ans qui estime que "le cyclisme français va super bien" avec "beaucoup de jeunes qui marchent".
De quoi espérer éviter un zéro pointé, qui n'est arrivé qu'à deux reprises, en 1926 et 1999.
Pour le classement général, en revanche, il faudra attendre, alors qu'on fête les 40 ans de la dernière victoire par Bernard Hinault et que le dernier podium remonte déjà à 2017 avec Romain Bardet (3e).
Un coureur persiste pourtant, contre vents et marées à privilégier le général: Guillaume Martin-Guyonnet, meilleur Français l'an dernier (13e).
"La chasse aux places d'honneur est un peu sous-valorisée en France où l'on préfère le panache et les coups d'éclat", estime le Normand.
Lui y voit "une forme de noblesse" et constate: jouer le général, "c'est presque un sport à part".
F.Pavlenko--BTB