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Mondiaux sur piste: Mathilde Gros, nouveau départ
Séjour en Nouvelle-Zélande, départ du pôle France pour monter sa propre structure... Mathilde Gros a fait le ménage après la désillusion des JO-2024 pour un nouveau départ qui passe par le vélodrome de Santiago lors des Mondiaux de cyclisme sur piste.
Elle n'a que 26 ans mais l'impression d'être là "depuis 50 ans" à l'heure d'attaquer ce qui seront déjà ses neuvièmes Mondiaux, au Chili, où elle entre en scène lors des qualifications de la vitesse individuelle jeudi.
Il faut dire que la Provençale a déjà vécu plusieurs vies sur la piste, une carrière en forme de montagnes russes, des immenses promesses du début à la déception des JO de Tokyo, du titre de championne du monde de vitesse en 2022 au trou noir des JO de Paris.
"Une partie de moi est morte", dira-t-elle en octobre 2024, encore sonnée par le fiasco olympique - 8e du keirin et 9e de la vitesse.
Un an plus tard, elle se dit toujours "en reconstruction" et formule des ambitions prudentes. Au Chili, "l'objectif sera d'aller le plus loin possible dans chaque épreuve, passer des tours et on verra où est-ce que tout ça me mène", explique-t-elle dans un entretien à l'AFP et L'Equipe.
Pour les Jeux Olympiques de Los Angeles, il sera toujours temps de se "projeter à partir de 2026".
En attendant, elle sait déjà ce qu'elle n'a pas envie de reproduire.
"A Tokyo et Paris, on avait tellement ciblé l'événement que la pression a pris le dessus. Je n'ai pas du tout envie de revivre des Jeux olympiques comme ça."
- "C'était incroyable" -
Elle a donc mis un gros coup de pied dans la fourmilière cet hiver en quittant le pôle France et le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, où elle s'entraînait depuis 2014, pour monter sa propre structure autour d'un nouvel entraîneur, le Britannique Mehdi Kordi, qui travaille pour l'équipe Ineos.
"J'avais envie de me retrouver avec moi-même, d'être plus à l'écoute de mon corps et de me faire confiance. Découvrir de nouvelles techniques d'entraînement aussi, bouger, voyager."
Cap donc sur la Nouvelle-Zélande où, avec son compagnon Rayan Helal, qui fait lui aussi partie de l'équipe de France de sprint, elle se rend en mars pour deux mois sur invitation de la double championne olympique Ellesse Andrews.
"C'était incroyable. Si ce n'était pas si loin, j'aimerais y habiter plus tard. Les gens sont tellement chaleureux. On vivait chez un des athlètes de l'équipe, à Cambridge. Ça reste l'une des plus belles expériences de toute ma vie."
Sur place, elle partage les sessions d'entraînement avec ses rivales néo-zélandaises, découvrant au passage qu'elles n'ont même pas de vestiaire pour se changer et que finalement en France "on n'est pas si mal loties".
- "Face à tes responsabilités" -
"On faisait des vitesses par équipes, des lancements, des simulations de match aussi. Il y a toujours ce côté très secret ou très rival en sprint. Mais on se rend compte qu'on fait quasiment les mêmes entraînements. J'espère réitérer cette expérience et peut-être les inviter en France."
Au retour, elle a fait escale dans le sud-est de la France, à Hyères, pour s'entraîner encore trois mois, avant de revenir fin août à Saint-Quentin pour "finaliser la préparation" des Mondiaux.
Car même si elle ne fait plus partie du pôle France, elle est la bienvenue pour s'entraîner au vélodrome national grâce à "la bienveillance" de Quentin Lafargue, le nouveau entraîneur du sprint à la place de Grégory Baugé.
"Je sais ce que ça représente, notamment le coût, quand tu te mets à financer ta saison de façon individuelle. C'est relativement lourd, mais ça te met en face de tes responsabilités aussi. J'essaye d'encourager ça", explique Lafargue.
Pour l'avenir, Mathilde Gros ne veut "rien s'interdire".
"Si j'ai envie d'aller à l'étranger, je vais à l'étranger. Si j'ai envie de rester ici pour m'entraîner avec les filles, je resterai ici", dit-elle, forte de sa liberté nouvelle.
H.Seidel--BTB