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Coupe de France: à Bollaert, "la folie" des grands soirs... même sans les joueurs
"Il faut qu'ils nous entendent au Stade de France": 38.000 supporters lensois ont exulté vendredi soir dans leur mythique stade Bollaert, alors que les Sang et Or remportaient, à 200 kilomètres de là, la première Coupe de France de l'histoire du club.
Quand, à la 25e minute, Florian Thauvin ouvre le score d'une frappe du gauche à ras de terre, tout Bollaert se lève pour célébrer dans une douce folie qui n'a rien d'inhabituelle dans l'arène lensoise, dont le public est connu comme l'un des plus fervents de France. Quelques fumigènes aux couleurs du club sont craqués dans les tribunes basses, terrain de jeu des "ultras".
Comme à chaque match à domicile cette saison, le stade de 38.223 places affiche complet, contraignant même quelques spectateurs à s'asseoir dans les escaliers.
Sauf que les spectateurs, vêtus pour leur grande majorité de maillots sang et or, n'ont pas face à eux les joueurs, mais six écrans géants installés sur la pelouse pour l'occasion, alors que Lens-Nice (3-1, score final) se joue au Stade de France, à Saint-Denis.
Sur le premier but, Julien Manys, 46 ans, se lève comme en sursaut, exulte... puis tourne la tête à droite et à gauche à la recherche de son écharpe du club, qu'il finit par retrouver et brandir à bout de bras.
"Je pouvais pas voir cette finale autre part qu'ici", dit en souriant ce Nordiste d'origine, encore sous le coup de l'émotion après l'ouverture du score. Tôt vendredi matin, lui, sa femme et leurs deux filles de 17 et 20 ans ont pris la route depuis le Jura où ils habitent, "en espérant que la fête dure tout le week-end".
Cette première Coupe de France, l'année des 120 ans du RC Lens, est pour lui "une histoire fabuleuse".
"On a préféré venir ici qu'au Stade de France parce qu'on savait que l'ambiance serait encore meilleure", explique Patricia Loisel, 42 ans, venue pour l'occasion du Havre avec trois amis.
C'est d'ailleurs "le public lensois, unique", qui l'a fait tomber amoureuse du club artésien.
- Parade prévue samedi -
Yassin, 46 ans, vient en voisin de Sallaumines, à quelques kilomètres de là. Arrivé dans le nord de la France il y a 12 ans depuis la Seine-Saint-Denis où il a grandi, il est "devenu un vrai ch'ti", "adopté" par le RC Lens.
Et si "la folie" de Bollaert l'emporte, il pourrait craquer et rester jusqu'au retour des joueurs en pleine nuit, attendus pour 3H00 du matin.
Ovations pour les Lensois à leur entrée sur le terrain, buts célébrés dans un brouhaha assourdissant, frissons à chaque occasion niçoise: "Si on ferme les yeux, on croit que les joueurs sont là", s'amuse Yassin.
L'illusion est presque parfaite... Jusqu'à une énorme bronca à la 40e minute, quand un message "Mise en veille du décodeur" envahit les écrans pendant une bonne minute. Une éternité pour les spectateurs, jusqu'à ce qu'en coulisses, une personne à la main qu'on imagine aisément tremblante trouve enfin la télécommande.
Quand les enceintes du stade diffusent à la mi-temps les premières notes des "Corons", la chanson de Pierre Bachelet devenue l'hymne du club, le speaker demande aux supporters de chanter aussi fort qu'ils le peuvent: "Il faut qu'ils nous entendent au Stade de France!"
Au coup de sifflet final, Bollaert entre en éruption. Et la transe à Lens devrait continuer samedi, avec une parade de l'équipe prévue des abords du stade Bollaert jusqu'au parvis de l'hôtel de ville dans l'après-midi.
A l'autre bout de la France, à Nice, l'ambiance est tout autre. Malgré la difficile saison du club, en barrage la semaine prochaine pour rester en Ligue 1, 7.600 personnes, selon la préfecture, sont réunies dans la fan zone installée par la mairie. Mais, à chaque but lensois, des centaines de personnes s'en vont. Quelques minutes après le coup de sifflet final, il n'y a quasiment plus personne.
O.Lorenz--BTB