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Ligue des champions: Mikel Arteta, le retour de la "Win" à Arsenal
En moins de six ans, Mikel Arteta a fait passer Arsenal d'un géant endormi, sans âme ni espoir, à un cador de Premier League finaliste de la Ligue des champions, avec un discours volontariste, fraternel et tourné vers la victoire.
Littéralement, l'entraîneur a ramené la "Win" (la victoire), un Labrador qu'il a adopté, en 2023 dans le centre d'entraînement pour insuffler l'esprit de famille qu'il souhaitait voir régner au sein de l'équipe.
"J'ai choisi cette chienne avec soin et, à mon avis, c'est la parfaite représentante de ce que nous sommes aujourd'hui. Elle s'appelle Win, nous aimons tous gagner et Win a besoin de beaucoup d'affection", explique alors le jeune manager, coutumier de ce genre d'innovation.
A Colney, il a aussi fait planter un vieil olivier pour symboliser la longue histoire d'Arsenal, enracinée dans des valeurs d'unité et d'ambition. Le message est clair: dans le club dont l'emblème est un canon, le staff et les joueurs doivent tirer dans le même sens.
"Nous devons avoir la bonne culture ici, sinon l'arbre va trembler", prévient-il après sa nomination, en décembre 2019. "Il faut se battre pour les trophées et être en Europe. Le reste n'est pas suffisant".
- "Tout reconstruire" -
Le discours peut alors paraître inaudible, presque déconnecté, pour des Londoniens coincés dans le ventre mou du championnat, sans identité de jeu claire et dont la maison, l'Emirates, sonne creux.
Arteta (44 ans) l'a constaté cinq jours avant sa nomination quand, depuis le banc de Manchester City et comme adjoint de Pep Guardiola, il a vu sa future équipe se faire gifler 3-0 dans l'indifférence générale.
"Cette ambiance dans le stade, avec 50% des tribunes vides, m'a vraiment marqué. Je me suis dit: il n'y a pas de projet, ça ne va pas marcher", a-t-il rembobiné récemment. "Il a fallu tout reconstruire. Mais quand c'est plus dur au début, c'est encore plus beau de voir ensuite cette transformation et cette joie chez les gens", a dit "Super Mik Arteta".
A son arrivée, le successeur d'Unai Emery et ancien capitaine des Gunners a 37 ans et aucune expérience comme entraîneur principal, mais il jouit d'une belle cote de popularité dans le nord de la capitale.
Surtout, il a des convictions, beaucoup d'ambitions et le soutien patient du propriétaire américain, Stan Kroenke, qui lui offre les munitions souhaitées pour progresser: Martin Odegaard arrive en 2021, David Raya et Declan Rice en 2023, Viktor Gyökeres en 2025, etc.
- Eternels seconds -
La patience du public, elle, a des limites et Arteta le ressent dans ses trois premières années, quand son équipe termine huitième du championnat, deux fois, puis cinquième en 2022.
Les supporters reprennent confiance les trois saisons suivantes, toutes terminées à la deuxième place, mais les critiques fusent de l'extérieur.
Ses Gunners ne seraient que des "nearly men", une expression anglaise idiomatique proche de l'étiquette d'éternels seconds qu'on colle, en France, aux compétiteurs toujours bien placés, mais jamais sacrés.
Ces bruits parasites ont "alimenté le désir d'y arriver", même si Arteta lui-même a parfois été pris de "doutes", a-t-il reconnu dimanche dernier. "Mais grâce à Dieu, nous l'avons fait, je ressens beaucoup de joie et, franchement, aussi un peu de soulagement".
Avec lui, Arsenal a mis fin à une longue attente en Premier League, vingt-deux ans après le précédent titre. Et avec lui, Arsenal disputera samedi la deuxième finale de Ligue des champions de son histoire, vingt ans après celle perdue face à Barcelone.
Et forcément, l'ancien milieu de terrain est persuadé de pouvoir battre le Paris Saint-Germain, le club où il a lancé sa carrière de joueur, en 2000 alors qu'il était prêté par le Barça.
"Nous avons hâte d'écrire un nouveau chapitre de l'histoire de notre club et de soulever la Ligue des champions", a lancé "Mister Win", sûr de lui.
B.Shevchenko--BTB