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Le choix de Trump pour la Nasa s'engage à envoyer des Américains sur la Lune avant la Chine
Le milliardaire Jared Isaacman, un proche d'Elon Musk désigné par Donald Trump pour prendre la tête de la Nasa, a réaffirmé mercredi devant des parlementaires américains vouloir retourner sur la Lune avant la Chine.
"Les États-Unis retourneront sur la Lune avant notre grand rival, et nous y établirons une présence durable", a-t-il ainsi assuré devant une commission de sénateurs, près de huit mois après une première audition.
Ce deuxième rendez-vous, inhabituel, survient après plusieurs changements d'avis retentissants du président américain à son sujet.
Après avoir nommé M. Isaacman une première fois en décembre 2024 pour prendre la direction de la Nasa, Donald Trump lui avait retiré son appui in extremis en avril avant de le renommer début novembre.
Ces décisions avaient été prises sur fond de vives tensions au printemps entre le républicain et le multimilliardaire Elon Musk, qui semblent avoir depuis renoué.
"Je suis honoré et reconnaissant d'être à nouveau devant vous", a confié M. Isaacman en retrouvant les sénateurs chargés d'approuver sa nomination, tandis qu'un parlementaire plaisantait sur son impression d'un déjà-vu.
- Objectif Lune -
Lors de cette nouvelle audition, le candidat a confirmé son engagement à ce que les États-Unis soient le premier pays à retourner sur la Lune et à aller sur Mars, mais s'est montré plus prudent concernant la planète rouge.
Alors qu'il avait dit en avril vouloir donner la priorité à l'envoi d'astronautes sur Mars, il a davantage insisté mercredi sur le besoin de retourner au plus vite sur la Lune.
Le programme Artémis de la Nasa qui prévoit ce retour a subi ces dernières années de nombreux retards. Des experts ont averti cet automne que l'alunisseur développé par la société SpaceX d'Elon Musk pourrait ne pas être prêt à temps.
Une telle complication ferait courir aux Etats-Unis le risque d'être devancés par la Chine, qui vise également la Lune d'ici 2030.
Ce que M. Isaacman a dit vouloir éviter à tout prix, insistant sur le fait qu'un échec "remettrait en question l'exceptionnalisme américain au-delà de notre expertise dans le domaine spatial".
Alors que l'administration Trump se montrait ouverte il y a plusieurs mois à une révision du programme Artémis au profit de Mars, cette perspective semble aujourd'hui s'éloigner.
Depuis la brouille entre le président américain et le multimilliardaire Elon Musk, qui a la planète rouge en obsession, les autorités américaines insistent davantage sur leur volonté de devancer Pékin dans ce qu'ils qualifient de "deuxième course à l'espace".
S'il est confirmé à la tête de la Nasa, M. Isaacman devra s'assurer que SpaceX livre l'alunisseur dans les temps. Interrogé sur un possible conflit d'intérêt avec son patron, dont il est réputé très proche, il a assuré n'entretenir que des relations professionnelles avec lui.
"Je ne suis pas là pour favoriser ou enrichir des entrepreneurs à des fins personnelles", a insisté l'homme d'affaires, qui est devenu en 2024 le premier astronaute privé à effectuer une sortie extra-véhiculaire dans l'espace lors d'une mission privée menée par... SpaceX.
Agé de 42 ans, Jared Isaacman est un milliardaire ayant fait fortune dans les paiements en ligne. Malgré sa proximité avec M. Musk, il est soutenu par de nombreux acteurs du secteur spatial qui le considèrent compétent et passionné.
L.Janezki--BTB