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Brésil: inondations et pluies font au moins 58 morts à Petropolis
Au moins 58 personnes sont mortes à la suite de pluies violentes qui ont provoqué des glissements de terrain et inondations dans la ville touristique brésilienne de Petropolis dont les rues ont été transformées en rivières de boue.
Jusqu'à présent, 58 morts ont été confirmées "et 21 personnes ont été sauvées", a dit le gouvernorat dans un communiqué en début d'après-midi. Les autorités ont évoqué "quasiment une situation de guerre", avec la mobilisation de plusieurs centaines de secouristes.
Le bilan risque de s'alourdir encore, le nombre de disparus dans la localité située à 60 km au nord de Rio, dans le sud-est du Brésil, n'ayant pas encore été établi. La ville pittoresque a reçu en quelques heures mardi soir davantage de pluies que la moyenne de tout un mois de février, selon l'agence météorologique MetSul.
Le Brésil a été frappé en cette saison des pluies par des précipitations particulièrement sévères -- dans les Etats de Bahia (nord-est), Minas Gerais et Sao Paulo (sud-est) -- que les experts ont liées au réchauffement climatique.
Avec le réchauffement, les risques d'épisodes de fortes précipitations augmentent, selon les scientifiques. Ces pluies, associées notamment au Brésil à une urbanisation souvent sauvage, favorisent inondations et glissements de terrain meurtriers.
Plus de 180 pompiers se trouvaient à , avec quelque 400 militaires, fouillant la terre boueuse dans cette ville de montagne qui fut la résidence d'été de l'ancienne cour impériale fuyant la canicule de Rio au XIXe siècle.
Le quartier le plus touché est Alto da Serra, une colline que de nombreuses familles descendaient mercredi en pleurant, emportant les maigres affaires qu'elles ont pu sauver, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Tous les gens dans la rue disent qu'on dirait une zone de guerre", a déclaré Wendel Pio Lourenço, un habitant de 24 ans qui participe depuis la veille aux secours.
"J'ai retrouvé une petite fille engloutie dans la boue", dit le jeune homme, qui transporte un téléviseur vers une église servant de refuge. Au total quelque 300 habitants ont été recueillis, souvent des écoles.
La boue a englouti des habitations et des toits en tôle arrachés jonchaient le sol.
Des voitures, emportées par des rivières de boue la veille, se retrouvaient les roues en l'air ou empilées sur d'autres véhicules. Des commerces ont été inondés par l'eau qui a dévalé dans les rues du centre historique de Petropolis.
Mercredi la quasi totalité des boutiques du centre-ville étaient fermées, à l'exception des pharmacies.
- "Etat de calamité" -
L'Eglise de Saint-Antoine, près de la zone la plus touchée, a ouvert ses portes à quelque 150 habitants qui ont abandonné des maisons déjà détruites ou menaçant de s'effondrer.
"La plupart de ceux qui arrivent ici ont perdu des parents. C'est une situation difficile", déclare à l'AFP le père Celestino, curé de la paroisse.
Après une brève apparition du soleil, la pluie menaçait de nouveau en mi-journée. "Je ne veux plus voir de pluie de ma vie", a lancé Jeronimo Leonardo, 47 ans, qui a fui sa maison menaçant de s'écrouler.
La mairie de Petropolis, une ville de 300.000 habitants, a décrété mardi soir l'"état de calamité" et le gouverneur de l'Etat de Rio, Claudio Castro, s'est rendu sur place. Un deuil de trois jours a été décrété.
Depuis Moscou où il se trouve en visite -- et avant d'aller à Petropolis vendredi -- le président Jair Bolsonaro a remercié son homologue russe Vladimir Poutine "de sa solidarité envers la population". Il a souhaité que "Dieu réconforte" ceux qui ont été endeuillés par "cette catastrophe".
Petropolis, avec ses vieilles maisons cossues, est devenue une destination qui attire un grand nombre de touristes en quête d'histoire, de randonnées dans une nature verdoyante et d'un climat tempéré.
L'écrivain autrichien Stefan Zweig s'y était réfugié pour fuir le régime nazi et y a mis fin à ses jours en 1942.
En janvier 2011, plus de 900 personnes avaient péri en raison de fortes pluies provoquant des inondations et des glissements de terrain dans une vaste région proche de Rio comprenant Petropolis et les villes voisines de Nova Friburgo, Itaipava et Teresopolis.
R.Adler--BTB