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Attentat à Sydney: le Premier ministre australien veut "renforcer la législation sur les armes à feu"
Le Premier ministre australien Anthony Albanese a convoqué lundi une réunion des chefs des Etats et territoires du pays en deuil pour convenir du renforcement de la "législation sur les armes à feu", au lendemain d'un attentat "antisémite" sur une plage de Sydney pour la fête juive de Hanouka, faisant au moins 15 morts, dont une enfant, et 42 blessés.
Lundi soir, sur cette plage mythique de Bondi prisée par des Australiens et des touristes du monde entier, une foule s'est rassemblée pour pleurer les victimes et leur rendre hommage en chantant.
Des objets tels que des tongs, des baskets et des thermos retrouvés sur les lieux ont également été rassemblés et alignés sur le sable.
"Ce que nous avons vu hier était un acte purement maléfique, antisémite et terroriste sur nos rives", a réagi le Premier ministre Anthony Albanese en déposant plus tôt dans la journée des fleurs sur ce lieu baigné par le Pacifique.
Il a convoqué une réunion des dirigeants des Etats et territoires australiens, afin de "renforcer la législation sur les armes à feu dans tout le pays", étudier comment améliorer la vérification des antécédents des détenteurs, réfléchir à une interdiction aux étrangers d'obtenir un permis de port d'armes ou encore limiter les types d'armes légales.
L'Australie, qui n'avait pas été frappée par une telle tuerie depuis le massacre de Port Arthur en 1996, a mis tous ses drapeaux en berne.
Le chef de la police locale, Mal Lanyon, a précisé que ses enquêteurs avaient "découvert un engin explosif artisanal dans une voiture liée au criminel décédé", l'un des deux tireurs, le père, abattu par la police.
Son fils, grièvement blessé, a fait l'objet d'une enquête du renseignement australien en 2019 pour des liens avec le groupe jihadiste Etat islamique (EI), a révélé la chaîne publique australienne ABC.
- "Dix minutes" -
L'attentat est intervenu dimanche vers 18H45 (07H45 GMT) sur l'immense plage de Bondi, la plus connue d'Australie et à l'étranger, envahie par des milliers de promeneurs, nageurs et surfeurs en ce début d'été austral.
Timothy Brant-Coles, touriste britannique, a confié à l'AFP avoir vu "deux tireurs vêtus de noir et armés de fusils semi-automatiques".
Les assaillants étaient Sajid Akram, 50 ans, entré grâce à un visa en Australie en 1998, avait un permis pour le port de six armes. Son fils, Naveed Akram, 24 ans, est né dans le pays, selon la police de la Nouvelle-Galles-du-Sud, Etat dont Sydney est la capitale. Il est hospitalisé dans un état critique, selon la police et la presse.
Une photo largement diffusée en ligne a été prise sur le profil Facebook d'un autre Naveed Akram, qui a imploré lundi, dans une vidéo publiée par le consulat du Pakistan à Sydney, que l’on mette fin à la désinformation après avoir reçu des menaces de mort.
- "Héros" -
M. Albanese, tout comme le président américain Donald Trump, ont salué des "héros" qui sont intervenus dimanche.
Une vidéo virale sur les réseaux sociaux montre un homme sur un parking se précipiter par derrière sur un assaillant, l'agripper et lui arracher son arme, avant de le mettre en joue et de le faire fuir.
Cet homme s'appelle Ahmed al Ahmed, il a 43 ans et est vendeur de fruits près de Sydney, selon le média 7News.
Nombre de dirigeants mondiaux ont condamné avec force cet attentat qui a tué 15 personnes âgées de 10 ans à 87 ans, dont un Français de 27 ans, Dan Elkayam, un rabbin de 41 ans, Eli Schlanger et Alex Kleytman, un survivant de la Shoah né en Ukraine.
On compte au moins 42 blessés.
Donald Trump a fustigé un attentat "purement antisémite".
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a assuré que "l"Europe se tenait aux côtés de l'Australie et des communautés juives partout dans le monde".
En Israël, le président Isaac Herzog a parlé d'une "attaque très cruelle contre des juifs" perpétrée par "d'ignobles terroristes".
Son Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui dénonce la résurgence de l'antisémitisme dans le monde depuis le massacre du 7 octobre 2023 et la guerre dans la bande de Gaza, a fustigé un "cancer qui se propage lorsque les dirigeants restent silencieux et n'agissent pas".
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron ont fait part de leur solidarité.
Le Conseil national des imams australien a appelé "tous les Australiens, y compris la communauté musulmane australienne, à se serrer les coudes dans l'unité, la compassion et la solidarité".
La police a fait état lundi de plusieurs têtes de porc abandonnées dans un cimetière musulman du sud-ouest de Sydney.
Une série d'attaques antisémites a semé la peur chez les juifs d'Australie depuis plus de deux ans et Canberra a accusé Téhéran d'être à l'origine de deux de ces actes, expulsant il y a quatre mois l'ambassadeur iranien.
burs-nr/lgo/vgu/bow
J.Horn--BTB