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Téhéran menace de verrouiller la mer Rouge, mais continue de négocier
L'Iran a menacé mercredi de bloquer le trafic maritime en mer Rouge si les Etats-Unis continuaient à exercer un blocus sur ses ports, réaffirmant simultanément sa volonté de continuer à négocier et d'ignorer les menaces de Donald Trump.
Une délégation du médiateur pakistanais est en Iran pour obtenir une poursuite des pourparlers avec Washington, alors que la planète espère voir se prolonger le cessez-le-feu, en vigueur depuis le 8 avril, et échapper ainsi à la reprise d'une guerre qui a secoué l'économie mondiale.
Après l'échec d'un premier round de discussions à Islamabad dimanche, l'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir a été accueilli mercredi par le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, selon des photos publiées sur le compte Telegram de ce dernier.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a affirmé que "plusieurs messages avaient été échangés via le Pakistan" depuis trois jours. Mais il a dans le même temps maintenu une des exigences iraniennes majeures qui bloquent Washington.
Le droit au nucléaire civil ne peut être "retiré sous la pression ou à travers la guerre", a-t-il déclaré, ouvrant seulement la porte à des débats sur "le niveau et le type d'enrichissement" d'uranium, un processus selon lui "incontestable".
Donald Trump, de son côté, a affirmé mardi soir --comme plusieurs fois déjà-- que la guerre était "presque finie". Dès mercredi, un haut responsable américain démentait en revanche que l'Iran ait accepté de prolonger le cessez-le-feu.
- "Double blocus" -
Sur le terrain, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz et Washington impose depuis lundi un blocus en provenance ou à destination des ports iraniens.
"Les forces américaines ont complètement mis à l'arrêt le commerce maritime" de l'Iran, a assuré le chef des forces américaines dans la région, Brad Cooper, soulignant qu'environ "90% de l'économie iranienne" dépendaient de celui-ci.
Si les Etats-Unis "créent de l'insécurité pour les navires commerciaux de l'Iran et les pétroliers", cela constituera "le prélude" à une violation du cessez-le-feu, a rétorqué le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées iraniennes.
L'Iran ne permettra "aucune exportation ou importation dans le Golfe persique, en mer d'Oman ou en mer Rouge", a-t-il ajouté dans un communiqué, sans préciser la forme que prendrait le blocage en mer Rouge, qui pourrait être effectué par les rebelles Houthis du Yémen, alliés de l'Iran.
A quelques semaines d'un voyage crucial à Pékin, Donald Trump a en tout cas assuré avoir convaincu les autorités chinoises de la pertinence de sa stratégie.
"La Chine est très heureuse que j'ouvre de manière permanente le détroit d'Ormuz", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, affirmant que ses interlocuteurs chinois avaient "accepté de ne pas envoyer d'armes à l'Iran".
Et d'ajouter : "Le président Xi me fera un gros câlin quand j'arriverai là-bas dans quelques semaines. Nous travaillons ensemble de manière intelligente (...)! Cela n'est-il pas mieux que de se battre???".
Signe d'une inquiétude qui perdure, les ministres des Finances de onze pays, dont le Royaume-Uni, le Japon et l'Australie, ont appelé "à une résolution négociée rapide et durable du conflit", évoquant les risques majeurs pesant "sur la sécurité énergétique mondiale, les chaînes d'approvisionnement, ainsi que la stabilité économique et financière".
Pour le professeur en études stratégiques Phillips O'Brien, de l'université de St Andrews, "soit il s'agit d'un vaste coup de bluff des deux côtés et nous sommes au bord d'un accord, auquel cas le blocus n'était que pour la forme".
A défaut, "nous sommes sur le point d'assister à un événement économique majeur, à mesure que le double blocus, que les Etats-Unis comme l'Iran affirment être en vigueur, se prolonge".
- Pourparlers israélo-libanais -
Sur le front libanais du conflit, qu'Israël estime ne pas être concerné par la trêve, les hostilités avec le Hezbollah pro-iranien se poursuivent malgré des discussions mardi entre les ambassadeurs des deux pays aux Etats-Unis.
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé plus de 200 cibles du Hezbollah dans les dernières 24 heures, et avoir été visé par une trentaine de roquettes mercredi matin.
L'ambassadrice libanaise Nada Hamadeh Moawad a qualifié la "réunion préparatoire" de "constructive". Le gouvernement israélien a lui salué une "occasion historique de mettre fin à des décennies d'emprise" du Hezbollah sur le Liban.
Ce mouvement, qui s'oppose à toute négociation directe, a de son côté qualifié ces discussions de "capitulation" et revendiqué des tirs de roquettes vers Israël.
Environ un million de personnes ont été déplacées au Liban, soit un cinquième de la population, d'après l'ONU, qui a appelé la communauté internationale à apporter un soutien urgent à ce pays.
burx-dla/vl
T.Bondarenko--BTB