-
Les Bosniens votent aux élections générales dans une profonde division
-
Top 14: Toulouse toujours leader, devant Pau et Bayonne, premier point de Vannes
-
Ligue des nations: l'Espagne enchaîne contre la République tchèque
-
Les Houthis disent avoir ciblé un site d'Aramco à Ryad, après des raids saoudiens sur Sanaa
-
Ethiopie: l'armée fédérale est entrée dans Mekele, capitale du Tigré, selon une source humanitaire
-
Dans l'Eure, des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides
-
Espagne : manifestations monstres pour le logement, après le rejet des mesures du gouvernement
-
Les Houthis accusent Ryad de pilonner Sanaa, qu'ils contrôlent, incendie sur un site saoudien d'Aramco
-
Mode/Paris : Allure légère pour contexte lourd chez Hermès
-
Equipe de France : Jacquet le bienheureux
-
Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré
-
Des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides dans l'Eure
-
Equipe de France : Dembélé, le débat relancé
-
Espagne : après le rejet des mesures du gouvernement, des manifestations monstres pour le droit au logement
-
La Russie appelle les diplomates et étrangers à quitter Kiev, ciblée à répétition
-
La Corée du Nord affirme avoir lancé un missile balistique utilisant l'IA
-
Fortes explosions entendues dans la capitale yéménite, aux mains des combattants Houthis
-
GP de Bahreïn en Malaisie: Verstappen (Red Bull) s'élancera juste devant Hamilton (Ferrari)
-
Ethiopie: les forces tigréennes quittent Mekele, capitale du Tigré
-
Fin de quinquennat lugubre pour la Macronie
-
Vol flydubai: l'enquête établit un "acte terroriste"
-
Cancer du sein avant 40 ans: plus agressif, plus toxique et une vie sociale bouleversée
-
La responsabilité climatique des pétroliers devant la Cour suprême
-
Changement climatique : en Belgique, un tapis vert sur les canaux de Gand
-
Venezuela: lumière dans le ciel pour les morts, 100 jours après le double-séisme
-
La Bulgarie accueille les restes attribués au tsar Samouil
Le fugu, poisson de l'espoir pour les pêcheurs de Fukushima
Masahiro Ishibashi et ses collègues sont satisfaits: une nouvelle fois, ils rentrent au port avec leurs bateaux remplis de fugu, un poisson qui, une fois débarrassé de son poison mortel, est un mets d'exception de la gastronomie japonaise.
Les pêcheurs déchargent leur cargaison de fugu bien gras et tachetés de noir. Leurs familles, qui les attendaient, s'empressent de ramasser des poissons ayant glissé sur le quai: ils sont trop précieux pour être gaspillés.
"Nous pêchons des poissons attrayants et attirons l'attention des consommateurs. Nous pouvons leur montrer que le poisson de Fukushima est sûr et délicieux", se félicite M. Ishibashi, interrogé par l'AFP.
Leurs abondantes prises de fugu sont l'une des rares bonnes nouvelles pour ces pêcheurs depuis le terrible tsunami de 2011 et l'accident nucléaire de Fukushima qui s'est ensuivi à une cinquantaine de kilomètres de leur port de Matsukawaura, près de la petite ville de Soma (nord-est du Japon).
Des restrictions drastiques ont été appliquées pendant des années sur la vente de produits de la mer de Fukushima, comme ils risquaient de présenter des niveaux anormaux de radioactivité.
L'industrie locale de la pêche en a été très affectée, d'autant que ces mesures n'ont souvent pas suffi à rassurer les consommateurs, et les limitations ont seulement été levées depuis deux ans.
- Une potentielle manne touristique -
Les pêcheurs de Fukushima se sont récemment recentrés sur le fugu, en apprenant la pêche à la palangre, une technique adaptée à la capture de ce poisson. Leurs prises de fugu ont décuplé en trois ans, atteignant plus de 30 tonnes en 2022.
Yoshimasa Kanno, un hôtelier-restaurateur local, est "ravi" de cette manne potentielle pour le tourisme dans le département.
"On avait l'habitude de servir du crabe des neiges en hiver. Cet endroit était connu pour cela. Mais depuis l'accident (nucléaire, NDLR) les pêcheurs ne peuvent plus en prendre autant qu'avant" car leurs zones de pêche ont été réduites, explique-t-il.
"Le fugu est délicieux et peut être servi à un bon prix", souligne M. Kanno, en train de préparer l'un de ces poissons pour en faire des sashimi (lamelles de poisson cru) et des fritures.
Ce poisson-globe contient un poison extrêmement puissant, la tétrodotoxine, qui paralyse les muscles et entraîne l'arrêt respiratoire de celui qui l'ingère.
Le fugu est toutefois autorisé à la consommation au Japon, mais il ne peut être préparé que par des chefs dotés d'une licence spéciale comme M. Kanno.
- Le spectre de l'eau de Fukushima -
Mais une nouvelle menace plane désormais sur l'avenir des pêcheurs de Fukushima.
Les autorités japonaises ont donné leur feu vert pour rejeter progressivement dans l'océan Pacifique plus d'un million de tonnes d'eau contaminée provenant de la centrale de Fukushima, les capacités de stockage sur le site arrivant à saturation.
Provenant de la pluie, de nappes souterraines ou des injections d'eau nécessaires pour refroidir les cœurs des réacteurs nucléaires de la centrale entrés en fusion en 2011, ces énormes masses d'eau ont été en grande partie dépolluées mais le tritium n'a pas pu être éliminé.
Selon des experts, ce radionucléide n'est dangereux qu'à hautes doses concentrées.
Une situation a priori exclue dans le cas d'un rejet en mer étalé sur plusieurs décennies, l'option retenue par Tepco, l'opérateur de la centrale. Le processus doit démarrer cette année, sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Pour Masahiro Ishibashi, cette solution est inacceptable. "Nous avons vraiment travaillé dur pour regagner la confiance des consommateurs, mais cela va anéantir nos efforts", redoute-t-il.
Pour soigner l'image de leurs produits, les associations de pêche de Fukushima continuent de contrôler volontairement les niveaux de radioactivité de toutes leurs prises et s'imposent des normes plus sévères que celles des autorités publiques.
Si les eaux de la centrale de Fukushima sont évacuées dans l'océan, "je crains fort que la pêche dans cette région ne s'en remette pas", confie aussi le chef cuisinier Yoshimasa Kanno.
H.Seidel--BTB