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Pyrénées-Orientales: alerte sécheresse maximale, restrictions et sanctions
Des restrictions drastiques d'utilisation de l'eau entrent en vigueur mercredi dans les Pyrénées-Orientales, où le niveau des rivières, des barrages et nappes phréatiques a déjà atteint un niveau estival, alors que la saison touristique va débuter.
Les autorités ont annoncé des contrôles et des sanctions pour les particuliers et les entreprises qui dérogeront aux mesures d’économie d'eau, dans un contexte de sécheresse historique.
Des amendes pouvant aller jusqu'à 1.500 euros pour les particuliers, 7.500 euros pour les entreprises, sanctionneront les fraudeurs, a précisé le procureur de la République, Jean-David Cavaillé.
Mardi, la préfecture a annoncé le passage d'"alerte renforcée" au niveau "crise", le plus élevé en cas de sécheresse, dans ce département qui s'étend des Pyrénées à la côte méditerranéenne.
- Risques divers -
Le département des Pyrénées-Orientales est le premier de France à passer presque entièrement en niveau "crise". Avant cela, des territoires situés dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et le Var avaient été placés ces dernières semaines en alerte maximale. Au total, neuf départements sont concernés par une "alerte renforcée".
Lors d'une conférence de presse, le préfet a passé en revue les risques auxquels fait face le département, dont le risque de rupture de l'alimentation en eau potable et celui des incendies de grande ampleur, pouvant être favorisés par "la sécheresse des sols, la chaleur, le vent", détaille M. Furcy.
"Aujourd’hui, on voit multipliés par deux le nombre d'incendies, par dix les surfaces affectées. Il faut que chacun fasse des bons gestes", ajoute-t-il.
Le risque sanitaire est également pointé du doigt par les services de l’Etat. "On commence à voir un développement des bactéries dans certains cours d'eau, compte tenu de leur faible débit", relève-t-il.
L'arrêté du 9 mai prévoit des restrictions d'irrigation agricole, d'arrosage des potagers et espaces verts, interdiction du remplissage ou de la remise à niveau des piscines privées.
- Un an de restrictions -
Depuis avril 2022, des restrictions d'usage de l'eau sont en vigueur dans ce département frontalier de l'Espagne.
Dans son exploitation d'abricotiers et de nectarines, dans le village de Corbère-les-cabanes, Pascal Maillols redoute que le rationnement de l'eau ne le prive de récolte.
"Les abricots et les nectarines poussent sur le rameau qui a poussé l'année d'avant. Les rameaux de cette année assurent la récolte 2024. Si on n'a pas suffisamment de pousse, on n'aura ni la récolte 2023, ni celle de 2024. C'est notre plus grosse crainte, et au-delà de ça, si on perd nos arbres, c'est sûr qu'on ne s'en relèvera pas, financièrement c'est impossible."
En visite samedi dans les Pyrénées-Orientales, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a tenté de rassurer les agriculteurs, en promettant des indemnisations des pertes subies à cause de la sécheresse.
Les restrictions, ordonnées pour l'instant jusqu'au 13 juin, concernent notamment les bassins versants de l'Agly et de la Têt, les deux principaux fleuves du Roussillon, où se concentre l'activité agricole, et la côte méditerranéenne, où se situent les stations balnéaire (Argelès-sur-mer, Collioure, Canet-en-Roussillon, etc.).
"C'est une situation tout à fait inédite. (...) Il a plu un peu moins de 180 mm depuis septembre, alors qu'il aurait dû pleuvoir plus de 450 mm, ça se traduit par des niveaux historiquement bas pour les eaux souterraines et des débits extrêmement faibles pour les cours d'eau", observe Hichem Tachrift, hydrogéologue au Syndicat mixte des nappes de la plaine du Roussillon.
G.Schulte--BTB