-
La CGT bloque un hypermarché Auchan à Bagnolet
-
La compagnie ferroviaire espagnole Renfe suspend son projet de liaison à grande vitesse entre l'Espagne et Paris
-
"Intenable": face à la flambée des prix, des transporteurs tournent au ralenti
-
Mondial-2026: toujours plus bas, la chute de l'Italie et du calcio
-
Mort de Cédric Chouviat: "usage disproportionné de la force", la famille cible la responsabilité de l'Etat
-
Burundi: des "dizaines" de morts dans l'incendie d'un dépôt de munitions de Bujumbura, selon des sources sécuritaires
-
Dans le nord du Pakistan, afflux de touristes pour la floraison des arbres fruitiers
-
Taxe petits colis: la France persiste et espère avoir forcé les plateformes à "changer de modèle"
-
Le SP95-E10 atteint 2 euros le litre dans l'Hexagone
-
Derrière l'attentat déjoué contre Bank of America, l'ombre d'un groupuscule pro-iranien
-
Grèce: le procès de la collision ferroviaire de Tempé a repris malgré les tensions
-
Une équipe franco-japonaise réussit à chiffrer un message grâce à l'ADN
-
Catacombes de Paris: la balade entre les morts se réinvente dès le 8 avril
-
Démission d'un chef des renseignements après un scandale en Colombie
-
Moyen-Orient: la Bourse de Paris prend Trump au mot et rebondit
-
Liban: sept morts dans de nouvelles frappes d'Israël, qui veut occuper le sud
-
Une équipe franco-japonaise présente à Macron une "première mondiale" de cryptage par ADN
-
Moyen-Orient: les marchés ont envie de croire aux derniers propos de Trump
-
Carburants: Lecornu veut utiliser le surplus de recettes fiscales pour décarboner l'économie
-
Leasing automobile: UFC-Que Choisir dénonce des contrats "piégeux" pour les consommateurs
-
Déchets radioactifs: le coût du projet d'enfouissement Cigéo évalué à 33,4 milliards d'euros par l'Etat
-
Une partie du code d'un outil d'Anthropic rendue publique par erreur
-
France Musique s'ouvre au numérique et va quitter la FM dans plusieurs zones du territoire
-
NBA: Doncic porte les Lakers, Houston engrange
-
Les ventes de voitures neuves en France ont bondi de 12,86% en mars, selon les professionnels
-
Avec Artémis 2, la revanche d'un pionnier noir de l'exploration spatiale
-
Chine: des robotaxis autonomes se figent au milieu de la route
-
La mission lunaire Artémis 2 expliquée
-
Explosions à Téhéran, avant une allocution de Trump sur l'Iran
-
Macron vante à Tokyo la "prévisibilité" de l'Europe face à l'imprévisibilité de Trump
-
Les carburants s'invitent à une réunion du gouvernement mercredi
-
Grèce: après les protestations, le procès de la collision ferroviaire de Tempé reprend
-
Jour J pour le décollage de la mission lunaire Artémis 2
-
Entre crise du carburant et enjeux internes, la FNSEA en congrès à Caen
-
La Cour suprême débat de la volonté de Trump de redéfinir la citoyenneté américaine
-
Trump dit que la guerre sera finie d'ici deux ou trois semaines, Ormuz n'est plus son problème
-
Mondial-2026: la République tchèque qualifiée en battant le Danemark aux tirs au but
-
Mondial-2026: l'Italie, comme en 2018 et 2022, échoue en barrages, la Bosnie en fête
-
L'Italie, sortie par la Bosnie, ratera un troisième Mondial consécutif
-
Foot: la Turquie bat le Kosovo et met fin à 24 ans de disette
-
Foot: la Suède décroche son ticket pour le Mondial en s'imposant sur le fil face à la Pologne
-
L'Iran prêt à arrêter la guerre s'il obtient des garanties, Israël veut continuer à l'écraser
-
Wall Street termine en franche hausse, rassurée par les propos de Washington et Téhéran
-
L'UE appelle à réduire la demande de pétrole face à la crise énergétique
-
Avec le rachat des activités stratégiques d'Atos, l'Etat tourné vers la souveraineté technologique
-
Netanyahu assure qu'Israël va continuer "d'écraser le régime" iranien
-
Procès Athanor: la personnalité "mythomane" d'un ex-militaire de la DGSE accusé de tentative d'assassinat
-
Moyen-Orient: les marchés mondiaux s'accrochent aux déclarations du président iranien
-
Le transporteur Ziegler France mis en liquidation, 1.500 salariés touchés
-
Infantino s'engage sur la présence de l'Iran lors du Mondial aux Etats-Unis
Russie: au Bachkortostan, "la peur de l'inconnu" après une répression massive
Il y a plus de trois mois, des manifestations d'une ampleur rarissime secouaient la république russe du Bachkortostan. Une répression brutale a suivi, mentionnée brièvement à Moscou et à l'étranger.
Idel Alsynov, dont le frère était au cœur des évènements, vit depuis dans la "peur de l'inconnu". "Tu essaies de regarder vers l'avenir et tu ne comprends rien", a-t-il indiqué fin avril à l'AFP, via une messagerie cryptée.
Bien que motivées par des questions environnementales, les manifestations survenues mi-janvier semblent avoir fait craindre au pouvoir une contestation plus large tandis qu'approchait la présidentielle russe, dans une région mise à lourde contribution sur le front ukrainien.
S'il avait dénoncé la mort en Ukraine de nombreux soldats bachkirs, le frère aîné d'Idel, Faïl Alsynov, 37 ans, était d'abord connu pour défendre les espaces naturels et la culture du Bachkortostan.
Ce territoire à population majoritairement turcique (bachkire et tatare), situé à 1.300 km à l'est de Moscou, au pied des monts Oural, est réputé pour sa nature sauvage et les richesses de son sous-sol, qui attisent les convoitises.
Le 17 janvier 2024, après avoir été désigné "extrémiste" par les autorités, Faïl Alsynov a été condamné à quatre ans de prison pour "incitation à la haine" ethnique, sur la base d'un discours contre l'exploitation de mines d’or dans le district de Baïmak, à sept heures de route d'Oufa, la capitale régionale.
Alors que les manifestations d'opposition sont devenues exceptionnelles en Russie, des milliers de personnes sont venues le soutenir pendant son procès. A l'annonce du verdict, elles ont été réprimées à coups de matraque et de gaz lacrymogène.
Le Kremlin a assuré qu'il s'agissait de protestations "individuelles", "pas d'émeutes, ni de manifestations de masse".
Dans la foulée, quelque 80 personnes arrêtées ont été poursuivies pour "troubles massifs", un crime passible de lourdes peines. Deux sont mortes en détention dans des conditions obscures et une autre a eu une vertèbre fracturée, ont indiqué leurs familles à des médias locaux.
- Accusations de séparatisme –
Lorsqu'une équipe de l'AFP avait interviewé Idel Alsynov en personne fin janvier à Oufa, dans une ambiance oppressante, il avait déjà peur.
Près de la grande statue de Salavat Ioulaïev, héros national bachkir et résistant à l'Empire tsariste, Idel s'était interrompu pour appeler un proche d'une personne qui venait d'être interpellée.
Après l'interview, l'auteur de ces lignes a été harcelé, filmé, menacé et suivi jusqu'à sa chambre d'hôtel par deux inconnus, un modus operandi déjà utilisé contre d'autres journalistes occidentaux. Il a dû abréger son reportage au Bachkortostan.
Malgré les risques, Idel Alsynov, 30 ans, tenait à défendre son frère.
"Comme un véritable fils du peuple bachkir, Faïl a toujours été inquiet pour son peuple, sa langue, son histoire...", expliquait cet homme longiligne, le regard voilé de larmes.
Honni par les manifestants, le dirigeant de la région, Radi Khabirov, a affirmé n'avoir puni que des "extrémistes" et des "séparatistes".
Mais "Faïl n'a jamais pensé que les Bachkirs sont meilleurs et supérieurs à d'autres ethnies, il se battait pour le bien de notre république au sein de notre grande Russie", soulignait en janvier Idel Alsynov.
Un ex-allié de Faïl Alsynov, Rouslan Gabassov, accusé en Russie de "terrorisme, désigné "agent de l'étranger" et exilé, milite certes pour l'indépendance du Bachkortostan.
Mais cette revendication est très minoritaire, selon une militante bachkire ayant requis l'anonymat.
"On ne veut pas se séparer de la Russie. Ce Gabassov sème la discorde depuis l'étranger", a-t-elle confié à l'AFP via messagerie cryptée. Son mari, lui aussi militant écologiste, a été arrêté fin janvier et risque huit ans de prison.
- Intervention de Poutine –
De fait, plusieurs soutiens de Faïl Alsynov déclarent ne pas s'opposer à Vladimir Poutine. Perpétuant le mythe du "bon tsar" capable d'arrêter les dérives de ses subordonnés, certains lui ont même demandé d'intercéder en leur faveur. A l'été 2020, c'est ce qu'avait fait le président russe.
A l'époque, Faïl Alsynov co-dirigeait un mouvement pour préserver le mont Kouchtaou, emblématique du Bachkortostan, dont les autorités voulaient exploiter le calcaire.
Après l’intervention de M. Poutine, les travaux avaient cessé sur cette majestueuse colline, vestige de récifs coralliens formés il y a 250 millions d'années.
Les défenseurs de l'environnement semblaient alors parmi les rares militants encore susceptibles de l'emporter face aux autorités locales en Russie, à condition de ne pas cibler le Kremlin.
Le dirigeant bachkir Radi Khabirov, selon ses détracteurs, a voulu se venger de cet affront.
Les persécutions contre les sympathisants de Faïl Alsynov se sont multipliées. Et M. Khabirov a exigé publiquement les poursuites ayant mené à la condamnation de M. Alsynov, confirmée en appel mi-avril.
Quant aux propos tenus par Faïl Alsynov contre l'offensive en Ukraine, s'ils semblent ne pas avoir été la raison principale de ses ennuis, ils n'ont pu qu'aggraver son cas.
Comme dans beaucoup de territoires défavorisés, de nombreux hommes originaires du Bachkortostan sont partis combattre.
Selon un décompte non exhaustif actualisé fin avril par la BBC et le site Mediazona, déclaré "agent de l'étranger", au moins 1.856 soldats de la région ont péri en Ukraine, ce qui en fait l'une des plus meurtries du pays.
A l'automne 2022, Faïl Alsynov avait fustigé cette tuerie. Cela lui avait valu une amende pour "incitation à la haine". Il avait déclaré, notamment, que le conflit entre Moscou et Kiev n'était "pas la guerre" du peuple bachkir.
C.Meier--BTB