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En Lituanie, le chancelier allemand accuse la Russie de menacer "la sécurité en Europe"
Le chancelier allemand Friedrich Merz a accusé la Russie de menacer "la sécurité en Europe", lors d'un déplacement jeudi en Lituanie pour l'entrée en fonction dans ce pays d'une brigade blindée allemande destinée à renforcer le front est de l'Otan.
La décision de constituer une brigade blindée de 5.000 hommes en Lituanie au cours des années à venir est une réponse à l'invasion totale de l'Ukraine par la Russie en 2022.
"La Russie, telle qu'elle se présente aujourd'hui, est une menace pour nous tous. C'est contre cette menace que nous nous protégeons et c'est pourquoi nous sommes ici aujourd'hui", a déclaré Friedrich Merz à Vilnius aux côtés du président lituanien Gitanas Nauseda.
Le déploiement allemand vise à dissuader une éventuelle agression russe envers la Lituanie ainsi que les autres pays baltes, l'Estonie et la Lettonie, anciennes républiques soviétiques devenues membres de l'Otan et de l'UE, qui craignent d'être de plus en plus visés par Moscou.
Alors que l'Allemagne a rejoint des missions militaires multinationales, notamment en Afghanistan et au Mali, une tradition pacifiste issue de son sombre passé de la Seconde Guerre mondiale a généralement rendu Berlin réticent à faire davantage.
Désormais, l'Allemagne de Friedrich Merz se dit déterminée à augmenter fortement ses dépenses en matière de défense, voire se doter de l'armée "la plus puissante d'Europe".
C'est la première fois, dans la période d'après-guerre, que l'armée allemande envoie une brigade complète de manière permanente à l'étranger.
Le chancelier Friedrich Merz et son ministre de la Défense Boris Pistorius se sont rendus à cette occasion en Lituanie, une ex-république soviétique, indépendante depuis 1991.
A Vilnius, les deux responsables allemands doivent participer à l'appel solennel de la 45e brigade blindée, ou "Brigade Lituanie", présente depuis début avril avec actuellement 400 soldats sur place.
Objet d'un accord conclu en 2023 avec la Lituanie, cette "Panzerbrigade" doit voir ses rangs grossir pour compter 5.000 effectifs, dont 200 civils, d'ici 2027.
Le président lituanien Gitanas Nauseda a salué la visite de Merz comme un signe de l'engagement de Berlin à "renforcer la dissuasion et la défense de notre pays et de tout le flanc oriental de l'Otan".
- Rôle accru -
Le chancelier Merz compte utiliser ce voyage pour souligner que Berlin joue un rôle plus important sur la scène internationale au milieu des bouleversements politiques en cours.
Son gouvernement entend s'aligner sur l'objectif discuté au sein de l'Otan - et souhaité par Donald Trump - de 5% du Produit intérieur brut (PIB) consacrés aux dépenses militaires et de sécurité d'ici 2032.
Le ministre de la Défense allemand Boris Pistorius, qui a accompagné Merz lors de la visite, a déclaré le mois dernier que le déploiement en Lituanie "envoie un message fort de solidarité et de préparation".
"L'Allemagne s'affirme", a-t-il ajouté lors d'événements marquant le 70ème anniversaire de l'adhésion de l'Allemagne à l'alliance militaire de l'OTAN, qui compte 32 membres.
"Avec nos partenaires, nous sommes déterminés à défendre le territoire de l'Otan contre toute agression. La sécurité de nos alliés baltes est aussi notre sécurité", a ajouté M. Merz.
La Lituanie, qui compte une population de 2,8 millions d'habitants, borde à la fois l'enclave russe de Kaliningrad et l'allié de Moscou, le Bélarus, et le ministère de la Défense allemand considère qu'elle est "l'État le plus menacé sur le flanc oriental de l'Otan".
- Incursions russes -
Avec sa brigade en Lituanie, l'Allemagne assume vouloir contribuer "à la dissuasion à la frontière extérieure de l'Otan", avait dit Boris Pistorius en janvier.
Il y a des signes d'une intensification des activités hostiles de la Russie, Moscou étant fréquemment accusé d'utiliser des tactiques de "guerre hybride" dans la mer Baltique.
Ce mois-ci, un avion espion russe a été aperçu en Biélorussie, vraisemblablement en train d'observer un exercice militaire multinational de l'Otan en Lituanie, a rapporté Der Spiegel.
Certains se demandent si la Bundeswehr, souffrant de pénuries de personnel et d'équipement après des années de sous-financement, est prête pour ce que le ministère de la Défense décrit comme "l'un des projets les plus complexes et ambitieux" de son histoire.
Alors que l'Allemagne cherche à canaliser davantage de fonds vers l'armée, l'acquisition de nouveaux équipements risque de prendre des années.
Pendant ce temps, la Bundeswehr, qui vise à augmenter son nombre de soldats à 203.000 d'ici 2031, a du mal à recruter.
Le parlement a adopté en janvier une loi visant à rendre la carrière militaire plus attrayante, notamment en proposant des arrangements de travail plus flexibles et de plus grandes incitations financières.
O.Bulka--BTB