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L'Iran et les Etats-Unis débutent leurs pourparlers indirects en Suisse
L'Iran et les Etats-Unis ont entamé une deuxième série de pourparlers mardi près de Genève pour éloigner le risque d'une intervention militaire des Etats-Unis, Téhéran évoquant "prudemment" des signes d'une position américaine "plus réaliste" sur la question nucléaire.
"Les discussions indirectes entre l'Iran et les Etats-Unis ont débuté, les deux parties échangeant des messages" par l'intermédiaire du sultanat d'Oman, a indiqué la télévision d'Etat iranienne peu avant 09H30 GMT.
Elles se tiennent à l'écart des regards, la police diplomatique bloquant le chemin privé menant à la résidence d'Oman, dans la commune de Cologny voisine de Genève, selon une équipe de l'AFP sur place.
Trois véhicules de la représentation iranienne sont visibles, tandis qu'une douzaine de journalistes attendent devant des barrières disposées à quelque 50 mètres du bâtiment.
Les deux pays ennemis avaient renoué le dialogue le 6 février à Mascate, la capitale d'Oman, après une escalade de menaces de part et d'autre.
Au vu de ces premières discussions, "nous pouvons prudemment conclure que la position américaine sur la question nucléaire iranienne est devenue plus réaliste", a souligné lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei.
Mais Donald Trump a de nouveau mis la pression sur Téhéran, en précisant qu'il participerait "indirectement" aux négociations.
"Ils veulent conclure un accord (...). Je ne pense pas qu'ils veuillent assumer les conséquences de ne pas conclure un accord", a lancé le président américain.
- Manoeuvres militaires -
Parallèlement à la diplomatie, les Gardiens de la Révolution iraniens ont déployé lundi bateaux et hélicoptères, et testé drones et missiles, dans un exercice militaire aux airs de démonstration de force dans le stratégique détroit d'Ormuz.
Washington maintient de son côté la menace militaire: un porte-avions se trouve toujours au large de l'Iran à environ 700 kilomètres de ses côtes, et un autre est préparé pour appareiller.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi était arrivé dès lundi en Suisse, où il a rencontré son homologue omanais Badr al-Busaidi pour expliquer "le point de vue et les considérations de la République islamique sur la question nucléaire et la levée des sanctions", selon le ministère iranien des Affaires étrangères.
Dans ce communiqué, il évoque aussi la "détermination" de l'Iran à œuvrer à une "diplomatie axée sur les résultats pour garantir les intérêts et droits des Iraniens et la paix et stabilité dans la région".
- Au-delà du nucléaire -
Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire.
Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son "droit inaliénable" à développer une filière nucléaire civile et à enrichir l'uranium, notamment pour l'énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
Donald Trump a multiplié les avertissements après la répression dans le sang des manifestations massives en janvier en Iran, tout en laissant la porte ouverte à un règlement diplomatique, notamment sur le programme nucléaire iranien.
Faute d'accord, le président américain a menacé l'Iran de conséquences "traumatisantes" et a même évoqué ouvertement vendredi l'hypothèse d'un renversement du pouvoir.
"Ce qui n'est pas sur la table: la soumission face aux menaces", a de son côté insisté sur X lundi Abbas Araghchi, disant être en Suisse "avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable".
Côté américain, l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, mènent la délégation.
Etats-Unis et Iran divergent sur la teneur de leurs discussions.
L'Iran ne veut parler que de son programme nucléaire. Washington, comme Israël, exige également qu'il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux.
Sur le volet nucléaire, l'Iran s'est dit prêt à un compromis concernant son stock d'uranium hautement enrichi, estimé à plus de 400 kg et dont le sort est incertain, si Washington lève ses mesures punitives.
Dans une économie asphyxiée par les sanctions internationales, le pouvoir d'achat des Iraniens s'est dégradé ces derniers mois, sur fond d'hyperinflation et de forte dépréciation de la monnaie.
D.Schneider--BTB