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Face à l'ultimatum de Trump, l'Iran menace de poser des mines navales dans le Golfe
L'Iran a menacé lundi de poser des mines navales dans le Golfe et de frapper les installations électriques américaines en cas d'attaque de ses côtes, défiant l'ultimatum de Donald Trump sur la réouverture du détroit d'Ormuz, qui doit prendre fin dans la soirée.
Cette nouvelle escalade verbale intervient après un avertissement de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui a prévenu que la guerre au Moyen-Orient pourrait provoquer la plus grave crise énergétique mondiale de ces dernières décennies.
Le bras de fer se concentre autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures que l'Iran bloque en grande partie depuis le début du conflit le 28 février.
Donald Trump a lancé vendredi un ultimatum stipulant que si Téhéran ne le rouvrait pas d'ici la nuit prochaine - 23H44 GMT lundi, selon l'heure de son message sur Truth Social - les Etats-Unis "anéantir(aie)nt" les centrales électriques iraniennes.
En réponse, le conseil de défense iranien a indiqué lundi que toute attaque des côtes ou d'îles iraniennes conduirait à ce que "les voies d'accès et les lignes de communication dans le Golfe persique et les zones côtières soient minées".
Téhéran a également menacé de fermer complètement le détroit et de cibler "toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau appartenant aux Etats-Unis", a prévenu l'armée iranienne, selon l'agence Fars.
Les médias d'Etat ont également publié lundi des listes de cibles potentielles d'infrastructures énergétiques au Moyen-Orient.
Le site Mizan Online, un organe du pouvoir judiciaire iranien, a diffusé une infographie montrant parmi ces cibles les deux principales centrales électriques d'Israël, celles d'Orot Rabin et Rutenberg.
Une autre, publiée par l'agence Mehr et intitulée "Dites adieu à l'électricité!", a présenté des cibles potentielles en Arabie saoudite et dans les émirats du Golfe. En cas de frappes sur ses propres infrastructures électriques, "c'est toute la région qui (serait) plongée dans le noir", est-il écrit.
La guerre a suscité une vive mise en garde du directeur de l'AIE, Fatih Birol. Il a estimé que le monde avait "perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies" des années 1970.
Dans les faits, le transit de marchandises dans le détroit d'Ormuz s'est effondré de 95% depuis le début de la guerre, selon la société d'analyse Kpler. Seul un petit nombre de cargos et de pétroliers ont réussi à le franchir. Or, d'ordinaire, 20% de la production mondiale d'hydrocarbures y transite.
"Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette voie", a ajouté le chef de l'AIE.
Comme en écho, la Chine a annoncé limiter la hausse du prix des carburants dans le pays et le Grèce a mis en place des subventions d'un montant total de 300 millions d'euros sur les carburants et les engrais.
Un important fournisseur d'énergie au Cambodge a suspendu la vente de gaz de pétrole liquéfié (GPL) à partir d'avril. L'Indonésie envisage de réaliser jusqu'à 80.000 milliards de roupies (4,7 milliards de dollars) d'économies pour se protéger des conséquences de la guerre.
- 40 sites énergétiques touchés -
Habituellement très en retenue dans cette crise, Pékin a mis en garde contre le risque d'une situation "incontrôlable". A Moscou, le Kremlin a plaidé pour la seule "voie politique et diplomatique".
Les Bourses asiatiques ont ouvert la semaine en fort repli. Tokyo a lâché 5% puis terminé en recul de 3,47%. Séoul a sombré de 6,5%.
Nombre de sites énergétiques des pays de la région sont sous le feu de l'Iran. D'après le chef de l'AIE, au moins 40 infrastructures énergétiques ont été "gravement ou très gravement endommagées" dans neuf pays, depuis le début de l'offensive américano-israélienne.
Tôt lundi, l'armée israélienne a annoncé mener "une large vague d'attaques" à Téhéran, où des agences iraniennes ont signalé des explosions. D'après Fars, les frappes ont touché le nord, le centre, l'est et l'ouest de la capitale.
- "Encore plusieurs semaines" -
Dans la capitale iranienne, l'angoisse domine. "La seule chose commune que nous ressentons dans cette période est l'incertitude sur l'issue" de cette guerre, a décrit Shiva, Téhéranaise de 31 ans.
La nuit a aussi été le théâtre d'attaques aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et en Arabie saoudite.
Si Washington entretient le flou sur la fin de ses opérations militaires, entrées dans leur quatrième semaine, Israël a indiqué dimanche se préparer à "encore plusieurs semaines de combats contre l'Iran et le Hezbollah" pro-iranien au Liban.
L'armée israélienne compte "intensifier les opérations terrestres ciblées et les frappes" au Liban pour repousser le Hezbollah "loin de la frontière", a affirmé son chef d'état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir.
Dimanche, elle a détruit un pont stratégique dans le sud du Liban, utilisé selon elle par le Hezbollah. Des images de l'AFPTV ont montré une gerbe de feu et de fumée au-dessus de la structure, sur la principale route côtière reliant Tyr au reste du pays.
Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé un "prélude à une invasion terrestre" du Liban, où la guerre a fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.
burx-jnd-dla/gk
C.Kovalenko--BTB