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Le candidat de Trump à la tête de la Fed défend son indépendance
Kevin Warsh a cherché mardi à convaincre les sénateurs américains qu'il n'était pas "la marionnette du président" décrite par la sénatrice Elizabeth Warren et qu'il comptait défendre l'indépendance de la Réserve fédérale américaine (Fed), s'il était confirmé à la tête de l'institution.
La chambre haute doit valider sa nomination pour qu'il succède à Jerome Powell dans un mois , mais la date du vote n'est pas encore connue.
Son audition a montré des sénateurs divisés de manière partisane, avec un clair soutien de républicains envers M. Warsh, alors que les démocrates ont questionné l'évolution de ses positions pour les faire coller à celles du président américain.
"Je vais gâcher le suspens, vous serrez confirmé", a ainsi déclaré le sénateur républicain Bernardo Moreno, dernier à s'exprimer.
Kevin Warsh s'est appliqué à défendre sa volonté d'être un "acteur indépendant", rejetant l'idée qu'il puisse s'engager auprès de Donald Trump sur le fait d'abaisser les taux de la Fed: "je ne m'y suis pas engagé", a-t-il assuré.
Lors d'une interview accordée à CNBC, avant le début de l'audition, Donald Trump n'a pas caché ses attentes, assurant qu'il serait déçu si Kevin Warsh, une fois à son poste, n'abaissait pas fortement les taux directeurs de la Fed.
Dans sa déclaration préliminaire, M. Warsh a assuré qu'"une politique monétaire indépendante était essentielle".
Cette indépendance "dépend avant tout de la Fed" elle-même, selon lui, ajoutant: "je ne crois pas que l'indépendance opérationnelle de la politique monétaire est particulièrement menacée quand des élus s'expriment sur les taux directeurs".
Une référence claire aux commentaires de Donald Trump, qui considère que la banque aurait d'ores et déjà dû largement abaisser les taux directeurs afin de soutenir sa politique économique et accuse sans arrêt Jerome Powell d'agir trop peu et trop tard. "Nous devrions avoir les taux d'intérêt les plus bas du monde", a-t-il répété mardi.
Les propos introductifs, notamment de la sénatrice démocrate Elizabeth Warren rappelant que "tous les démocrates de cette commission avaient demandé de retarder l'audition" tant que les poursuites visant M. Powell n'étaient pas abandonnées, ont donné le ton.
"Le Sénat ne doit ni aider ni encourager la prise de contrôle illégale de la Fed par Donald Trump en installant la marionnette qu'il a choisie comme président", a-t-elle ajouté, au sujet de M. Warsh.
Kevin Warsh s'est défendu de cette présentation, en assurant que ce ne sera "absolument pas" le cas.
- Blocage -
En face, et c'est assez exceptionnel, le camp présidentiel ne présente pas un front uni, le sénateur de Caroline du Nord Thom Tillis ayant déjà prévenu qu'il ne voterait pas pour M. Warsh dans l'immédiat.
Durant son intervention, M. Tillis a rappelé que les états de service du candidat désigné — il a été l'un des gouverneurs de la Fed de 2006 à 2011 et est un candidat sérieux aux yeux des républicains — n'étaient pas en cause, mais bien la procédure judiciaire qui plane au-dessus de Jerome Powell, avec l'aval de Donald Trump.
En cause, les travaux engagés au siège de la Banque centrale, dont les coûts ont explosé mais que Thom Tillis a défendu durant son intervention.
La majorité présidentielle est ténue au Sénat et un seul membre républicain de la commission des affaires bancaires peut bloquer la nomination.
De plus, l'éventuelle entrée en fonction de Kevin Warsh risque d'intervenir dans un contexte complexe, alors que la guerre au Moyen-Orient a faire repartir les prix à la hausse aux États-Unis, à quelques mois d'élections de mi-mandat qui pourrait offrir le Congrès à l'opposition démocrate.
Le chef de l’État rêve depuis des mois d'accélérer le départ de M. Powell, dont le mandat prend fin le 15 mai.
Or, tant que Kevin Warsh n'est pas confirmé, Jerome Powell peut rester à la tête de la Fed.
La banque centrale des États-Unis est considérée comme la plus puissante du monde, ce qui fait peser une lourde responsabilité sur son président, nommé pour quatre ans.
Quand il faisait campagne pour le poste à coups d'interventions dans les médias, l'ancien gouverneur s'était montré plutôt "colombe", comme sont désignés les banquiers centraux plus soucieux de soutenir la croissance que de lutter contre l'inflation.
J.Bergmann--BTB