-
Présidentielle : Bruno Retailleau pousse Edouard Philippe vers une primaire
-
SNCF : les syndicats demandent un rattrapage salarial face à l’inflation
-
BMW abaisse de nouveau ses objectifs après un troisième trimestre en recul
-
Raymond Aabou absent de Fun Radio après une blessure lors d’une partie de padel
-
EuroMillions du 3 novembre : l’horoscope désigne un signe favorisé par le tirage
-
Attaque raciste de Trappes : l’enquête détaille la préparation de Kevin T.
-
Gisèle Pelicot évoque une nouvelle relation et une vie reconstruite
-
Quotidien : Salhia Brakhlia critique Maud Bregeon et Édouard Philippe sur la présidentielle
-
PostgreSQL 19 retardé après une vague de rapports de bugs générés par l’IA
-
Google glisse un hommage à Zelda Ocarina of Time dans son moteur de recherche
-
Zelda Ocarina of Time : le remake renonce au voyage rapide pour préserver l’exploration
-
Singles Day 2026 : les premières promotions apparaissent avant le 11 novembre
-
Cyberattaque aux supermarchés : Delhaize annonce le retour à la normale
-
Godzilla Minus Zero prolonge avec ambition le succès de Minus One
-
Californie : Proposition 40, une taxe historique sur les milliardaires
-
Dix ans après Montreuil-Bellay : la famille Théodore réclame réparation pour les internements tsiganes
-
Cercle Bruges : Pedro Caixinha succède à Lars Friis comme entraîneur
-
Route du Rhum : Francis Joyon secouru après le chavirage de son voilier
-
Crans-Montana : une nouvelle audition de Jacques Moretti ravive les attentes des victimes
-
Olivier de Kersauson : entre son manoir bigouden et la Polynésie
-
Jurassic Park : la bande-annonce perdue de la série animée annulée en 1993 retrouvée
-
Ukraine : une frappe russe fait 26 morts et fragilise les perspectives de paix
Au Centre spatial guyanais, les emplois menacés par la baisse d'activité
Le Centre spatial guyanais va connaître une baisse importante de son activité en 2023 et 2024, ce qui touchera 40 entreprises sous-traitantes et menace, selon les syndicats, 200 à 300 emplois parmi les 1.600 personnes qui y travaillent.
"Il y a un problème manifeste de lancements sur 2023 et 2024. Nous sommes clairement en déficit", reconnaît Marie-Anne Clair, directrice du Centre spatial guyanais (CSG), à Kourou.
Une baisse de cadence liée à la fin d'Ariane 5, au retard d'Ariane 6, à l'arrêt brutal du lanceur russe Soyouz après l'invasion de l'Ukraine mais aussi à la suspension du programme Vega-C en décembre après l'échec de son premier vol commercial, explique à l'AFP la dirigeante du "port spatial européen".
Or le lanceur léger, pour lequel les conclusions de la commission d'enquête diligentée après son échec sont attendues en février, devait compenser en 2023 la transition entre Ariane 5 et 6, avec au minimum deux lancements. Résultat, le CSG ne prévoit à ce stade que les deux derniers vols d'Ariane 5 cette année, avant le changement de lanceur prévu au dernier trimestre 2023.
"Il y aura forcément des conséquences opérationnelles et sociales", annonce Emmanuel Pradié, directeur général délégué d'Europropulsion, sous-traitant spécialisé dans l'intégration des moteurs à propergol solide.
"Tant que Vega-C et Ariane 6 sont à l'arrêt, les choses seront compliquées", estime Michael Rimane, salarié de cette entreprise. "Le 17 février, nous devons livrer le dernier moteur. Après cela, nous serons au chômage technique. Actuellement, nous sommes 39 salariés à Europropulsion. Nous étions 70 il y a deux ans".
Des réductions d'effectifs liées à la crise conjoncturelle mais aussi à la transformation structurelle de la base, jugée peu compétitive.
L'arrivée d'Ariane 6 doit permettre une rationalisation des coûts de fabrication avec, par exemple, la production en série des propulseurs P120, communs à Ariane 6 et Vega-C, pour diminuer de 40% le prix de vente des lanceurs.
"Il faut que notre offre, qui est aussi commerciale, soit plus intéressante et attractive. L'objectif est de faire baisser les coûts récurrents de fonctionnement de la base et de vente des lanceurs. Cette diminution ne se fera pas sans baisse d'effectifs au sein du CSG", prévient Marie-Anne Clair.
- Ouverture de négociations -
Une réunion a eu lieu le 17 janvier avec les syndicats (FO, UTG, CDTG et CFE-CGC) de la base. "Sur 40 entreprises sous-traitantes, une quinzaine seraient concernées par le dégraissage et 200 à 300 emplois menacés sur 1.600", indique Jean-José Mathias, délégué UTG du Centre national d'études spatiales (Cnes), l'exploitant de la base de Kourou.
Les négociations avec les syndicats doivent aboutir à la signature d'un accord en avril pour proposer des solutions alternatives au licenciement sec.
Éviter des départs contraints, "je ne suis pas sûre que l'on y arrivera", prévient Marie-Anne Clair. "C'est aussi aux industriels de proposer des solutions, le Cnes n'est pas l'employeur de l'ensemble des salariés qui travaillent sur la base", rappelle la directrice du CSG.
Pour Sébastien Savreux, représentant CFE-CGC Arianegroup, il appartient cependant aux donneurs d'ordre d'assumer "leur rôle de modérateurs sociaux" et à l'Etat de "proposer des aides" pour "inciter aux départs volontaires" et "accompagner la baisse d'activité".
"La problématique aujourd'hui, c'est comment financer cet accompagnement ?", complète Christophe Dupuy, délégué CFE-CGC Arianespace, qui refuse que les salariés soient "l'unique variable d'ajustement".
"250 salariés, c'est quand même 20% des effectifs" totaux de la base. "Les employés au chômage auront du mal à retrouver un emploi vu le peu d'industries en Guyane", remarque-t-il, craignant un "effet domino" sur le reste de l'économie.
Car bien que la part du spatial dans le PIB de la Guyane ait diminué de moitié entre 1990 (24%) et 2019 (12,6%) sous l'effet de la diversification de l'économie, le secteur reste moteur sur un territoire touché par un chômage élevé.
Il représentait en 2019 un emploi sur douze en Guyane et un sur six dans le privé, ainsi que 40% des importations et 83% des exportations, qui comprennent les satellites mis en orbite depuis le CSG pour des entreprises hexagonales ou étrangères.
Y.Bouchard--BTB