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L'agence AP exhorte la justice à rétablir son accès à la Maison Blanche
Les représentants d'Associated Press ont exhorté jeudi la justice fédérale à ordonner à l'administration Trump de rétablir son plein accès à la Maison Blanche, suspendu depuis un mois et demi.
Le 24 février, un juge fédéral avait rejeté le recours en référé présenté par AP, pilier du journalisme américain, pour rétablir son plein accès à la Maison Blanche, sans se prononcer sur le fond du litige. Il avait demandé aux deux parties de lui présenter leurs arguments écrits et fixé cette audience pour en débattre.
Au terme de cette dernière jeudi, le juge n'a pas rendu de décision mais assuré qu'il le ferait "au moment opportun".
L'agence est notamment interdite d'accès au Bureau ovale et à l'avion présidentiel officiel, "Air Force One", pour son refus de se conformer à la nouvelle appellation du Golfe du Mexique, rebaptisé "Golfe d'Amérique" par un décret signé par Donald Trump.
AP a engagé le 21 février un recours contre Susie Wiles, cheffe de cabinet de la Maison Blanche, Taylor Budowich, un de ses adjoints, et Karoline Leavitt, porte-parole de la présidence.
L'avocat de l'agence, Charles Tobin, a dénoncé des "représailles ignobles" qui selon lui ont eu un "effet d'intimidation sur l'ensemble de l'activité journalistique" aux Etats-Unis.
"Depuis notre éviction, nous avons beaucoup de mal à rester dans la course" avec les médias concurrents, a témoigné le chef des photographes d'AP à la Maison Blanche, Evan Vucci.
- "Pas de droit d'accès" -
Un juriste du ministère de la Justice, Brian Hudak, a répliqué au nom de l'administration Trump qu'accorder ces accès relevait de la discrétion de la Maison Blanche.
"Il n'y a pas de droit d'accès de la presse en vertu du Premier amendement au-delà ce ce qui est garanti à la population", a-t-il déclaré.
Il faisait référence au Premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté de la presse et d'expression, invoqué par AP.
"La presse et tous les citoyens des États-Unis ont le droit de choisir leurs propres mots et de ne pas faire l'objet de représailles de la part du gouvernement", selon le recours de l'agence, qui met en garde contre "une menace pour la liberté de chaque Américain".
Cette affaire "porte sur le fait de savoir si la Constitution oblige le président des Etats-Unis à privilégier l'Associated Press par rapport à tous les autres médias et à lui conférer des avantages et un accès particulier permanents simplement parce que les précédentes administrations ont choisi de le faire", a répliqué l'administration Trump dans ses arguments écrits.
"Et la réponse est un +non+ catégorique", a-t-elle affirmé.
Dans une note éditoriale, AP a expliqué que le décret présidentiel américain changeant le nom du golfe du Mexique en golfe d'Amérique ne faisait autorité qu'aux Etats-Unis, tandis que le Mexique et d'autres pays et institutions internationales n'étaient pas tenus de s'y conformer.
"Associated Press y fera référence par son nom d'origine tout en reconnaissant le nouveau nom choisi par Trump", a poursuivi l'agence, rappelant que le Golfe du Mexique portait "ce nom depuis plus de 400 ans".
L'agence AP, fondée en 1846 par des journaux new-yorkais, qui emploie plus de 3.000 personnes à travers le monde, a publié plus de 375.000 articles, 1,24 million de photos et 80.000 vidéos selon ses chiffres pour 2023.
M.Ouellet--BTB