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Leur métier? Évacuer les personnels des entreprises dans les zones en guerre
Elles ont pour activité d'assurer la sécurité, voire l'évacuation, des personnels d'entreprises dans des pays dits "à risques" ou plongés soudainement dans la guerre. Depuis dix jours, ces sociétés déploient leur savoir-faire au Moyen-Orient. Avec des solutions adaptées aux spécificités de ce conflit.
"Dès les premières frappes de la coalition américano-israélienne (dans la nuit du 27 au 28 février), nous avons ouvert notre cellule opérationnelle de crise. Nos clients habituels nous ont appelés. D'autres nous ont contacté à la suite de nos communications sur LinkedIn, avec une ligne téléphonique ouverte 24h/24", raconte à l'AFP Ludovic Guérineau, directeur de la gestion de crise au sein de la société européenne Amarante.
Au tout début, "on appuie nos clients en leur transmettant des informations fiables sur l'environnement sécuritaire, assorties de conseils pour leur permettre de prendre des décisions sur la protection de leurs collaborateurs", ajoute Beatrix Renaut, responsable sécurité chez International SOS.
Les clients de ce type de sociétés sont des entreprises internationales ou de taille plus modeste, de toutes nationalités, ainsi que des ONG ou même des universités. Quasiment pas de particuliers. Parmi les collaborateurs "secourus" lors de ce conflit, beaucoup d'Américains, d'Indiens, de Français, de Suisses...
Il s'agit d'expatriés et de leurs familles, de collaborateurs en voyage d'affaires dans cette région, ou même de salariés du groupe qui se trouvaient en vacances dans cette zone - comme à Dubaï, grosse destination touristique. Leur employeur décide alors de les aider à se mettre en sécurité ou à rejoindre leur pays d'origine.
- Une crise "unique" -
"Des clients nous ont dit +on confine, on met les gens à l'abri et on attend quelques jours+. D'autres ont tout de suite opté pour l'évacuation", détaille Vincent Jacquemart, président de la société IRENA, qui dispose d'un pôle à Dubaï.
Ce qui rend cette crise "unique", c'est que "la menace vient des airs et exclusivement des airs", ajoute-t-il. IRENA, comme d'autres sociétés du secteur, intervient le plus souvent "dans des zones où les risques sont principalement au sol, avec des groupes armés, des milices, des barrages".
Et pour la guerre entamée il y a dix jours, "on doit en plus gérer la fermeture de nombre d'aéroports".
Les évacuations se font donc par la route, en voitures, minibus ou bus, selon le nombre de personnes à transporter. Avec chauffeurs et accompagnateurs qui parlent la langue et connaissent les us et coutumes des pays traversés, précieux lors des passages aux frontières.
Depuis les Émirats arabes unis (et notamment Abou Dhabi et Dubaï), le Koweït, Bahreïn mais aussi l'Irak (vers la Turquie) ou Israël (vers l’Égypte ou la Jordanie), il faut alors convoyer les personnes exfiltrées vers un aéroport ouvert. A savoir, principalement dans les premiers jours du conflit Oman et l'Arabie saoudite (Ryad), d'où décollaient des vols commerciaux.
- Des clients "surpris" -
Comme d'autres entreprises de ce secteur d'activités, International SOS dispose d'une grosse équipe à Dubaï, qui fait office de hub régional, en raison de sa réputation de sécurité.
C'est d'ailleurs une autre spécificité de cette crise: elle touche des pays où les risques sécuritaires sont intrinsèquement faibles, relève Beatrix Renaut. "On sent bien que pour les pays sans risques structurels de sûreté, les entreprises sont moins bien préparées à la crise, même si on encourage nos clients à toujours avoir des plans en place. Et là, beaucoup ont été surpris".
"Les Emirats n'avaient jamais posé de difficultés", abonde Ludovic Guérineau. Qui évoque une autre particularité à cette guerre: elle a touché toute une région et pas seulement un pays? "On doit donc évacuer plusieurs pays en même temps."
Le coût de ces opérations? Elevé. Les entreprises interrogées ne donnent pas de chiffres, arguant de la diversité des situations et de la confidentialité (elles ne révèlent pas non plus le nom de leurs clients).
Elles ont évacué des centaines de personnes chacune depuis dix jours. Et "ça continue".
N.Fournier--BTB