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Lecornu au défi de composer un gouvernement
Fragilisé par la défection de LR, Sébastien Lecornu est au défi de composer dans l'urgence un gouvernement qui risque de ne durer que quelques jours mais aura au moins déposé un projet de budget au Parlement.
Le temps presse pour le Premier ministre tout juste renommé à Matignon qui est menacé de censure par un Parti socialiste échaudé par quatre semaines de tractations qui n'ont pas abouti à des concessions claires sur ses attentes.
En vertu de la Constitution en effet, le Parlement doit disposer de 70 jours pour examiner un projet de budget avant le 31 décembre. Il faudrait donc que le texte lui soit transmis lundi ou mardi, en principe après un passage en Conseil des ministres.
Sébastien Lecornu, qui a démissionné lundi dernier parce que "les conditions n'étaient plus remplies", a promis qu'il ferait de même si elles "n'étaient plus remplies à nouveau". "Je ne ferai pas n'importe quoi", a-t-il assuré à La Tribune dimanche, selon laquelle la nomination d'un gouvernement pourrait intervenir lundi ou mardi.
De fait, lundi, le Président Emmanuel Macron a annoncé qu'il se rendrait en Egypte pour marquer son "soutien à la mise en oeuvre de l'accord présenté par Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza".
Ce qui pourrait hypothéquer la tenue d'un Conseil des ministres ce jour-là.
Le Premier ministre peut également décider de nommer un petit nombre de ministres régaliens, ainsi que les seuls titulaires des Finances et du Budget, pour aller plus vite.
Mais nul ne sait comment ce gouvernement qui ne comptera pas de ministres LR ni du parti centriste UDI (Union des démocrates et indépendants) va pouvoir être composé dans le temps limité imparti à Sébastien Lecornu.
- "Texte par texte" -
Car à l'issue d'une folle semaine, le début du week-end n'a pas été fructueux pour le Premier ministre.
Partenaires des macronistes et du reste du centre depuis la nomination de Michel Barnier à Matignon en septembre 2024, les Républicains ont claqué la porte samedi, refusant toute participation au nouvel exécutif. Tout en promettant un "soutien texte par texte" au Parlement - qui équivaut à une non-censure.
Les centristes de l'UDI, qui disposent d'un groupe important au Sénat, leur ont emboîté le pas, tandis que l'allié traditionnel d'Emmanuel Macron, Horizons, le parti d'Edouard Philippe, réservait sa participation "dans l'attente de ce que va proposer le Premier ministre pour le pays".
Reste à Sébastien Lecornu le camp présidentiel qui a ravalé ses critiques samedi et le Modem de François Bayrou prêt à s'engager à ses côtés.
Mais si la question du casting et des délais était résolue, resterait celle de se maintenir. A l'exception du PS, l'ensemble de la gauche a appelé à la censure immédiate du gouvernement Lecornu 2.
De même que le Rassemblement national et l'UDR d'Eric Ciotti.
Le groupe socialiste (69 députés) reste seul capable de le sauver mais a mis la barre assez haut. Sans confirmation "de l'abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d'achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, nous le censurerons", a prévenu le parti à la rose dès vendredi soir.
Une telle suspension "n'épuiserait pas le débat sur le budget et l'avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d'ouvrir une nouvelle période", a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, dans la Tribune Dimanche.
A.Gasser--BTB